Versus #01 : Le Projet Blair Witch vs. Blair Witch

 

Le cinéma d’horreur n’est pas le genre qui a la meilleure presse. La majorité des grosses sociétés de production ont compris que les films d’horreur étaient surtout vus par un groupe spécifique, à savoir les adolescents. Ceux qui aiment bien discuter et hurler durant les séances de cinéma.

Ça y est, à peine un paragraphe d’introduction que je passe déjà pour un vieux con du haut de mes 26 ans. Il est vrai que je fais exprès d’éviter des séances où il peut y avoir potentiellement beaucoup de monde quand il s’agit d’un film d’horreur. J’aime bien regarder mes films dans le calme. J’ai déjà assez d’adolescents qui hurlent dans ma cave après tout donc il y a le besoin de s’évader du quotidien quand on entre dans une salle de cinéma.

Je reste un fervent défenseur et un fan des films d’horreur. Le genre connaît depuis quelques années maintenant une véritable renaissance avec de petites pépites qui sortent ici et là quand on fait l’effort de chercher. Et dans ce premier numéro de ma nouvelle chronique Versus, je voulais aller encore un peu plus loin dans le cliché du « les films d’horreur c’est que de la merde de toute façon » en parlant de deux films qui appartiennent au sous-genre du “found footage”.

Pour ceux qui ne connaissent pas le terme, le found footage désigne ces films dont la particularité principale est qud’une grande partie du récit est filmée à la première personne. Cela peut être directement pendant tout le film comme dans les célèbres Cloverfield ou [REC] par exemple avec des personnages tenant une caméra. Mais cela peut aussi passer par des personnages qui vont retrouver des cassettes vidéos et qui vont les jouer pendant une majorité du film. Un exemple très connu et controversé est le cultissime Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato.

Je n’ai pas choisi n’importe quel found footage néanmoins. Ce sous-genre est très mal vu car une très grande majorité de ces films ne sont souvent que des films fauchés sans aucune imagination et avec un casting d’acteurs moyens (pour ne pas dire mauvais). Ils sont peu coûteux et donc facilement rentables pour les producteurs. 95% des films found footage existent par pur cynisme. La volonté d’atteindre une rentabilité record.

Et c’est bien dommage car il y a quand même de vrai films hyper intéressants ici et là, malheureusement moins exposés médiatiquement que des poids lourds du genre comme la saga Paranormal Activity par exemple. A ne pas confondre avec Pas très normales activités, le film avec le youtuber Norman. Les deux sont des films d’horreur mais pour des raisons très différentes. Et si vous aviez oublié l’existence de ce film, je suis ravi d’avoir réimplanté ce douloureux souvenir dans votre mémoire.

J’ai choisi de revenir aux origines, avec le film qui a tout explosé sur son passage lors de sa sortie en 1999 : Le Projet Blair Witch. Je sais que ce n’est techniquement pas le film qui a créé le genre, mais c’est définitivement le film qui l’a popularisé. Et en guise d’opposant, j’ai décidé de rester dans la forêt de Burkittsville avec Blair Witch, la suite du Projet Blair Witch sorti en 2016.

Je sais qu’il existe une autre suite, Blair Witch 2 : Le Livre des Ombres, qui est sorti en 2000. Mais ce film c’est de la daube et je ne voulais vraiment pas le revoir, même pour le bien de cette chronique. C’est de toute façon un film très différent dans la saga sur la forme ainsi que sur le fond donc cela n’aurait aucun intérêt.

La chronique a beau s’appeler Versus, spoiler évident : Le Projet Blair Witch est le meilleur film. L’intérêt dans cette chronique (et dans les prochaines) n’est pas de dire quel film est le meilleur. C’est le pourquoi qui nous intéresse particulièrement ici.

Alors commençons le combat avec la présentation des deux combattants !

 

Combattant #1 : Le Projet Blair Witch

 

Le Projet Blair Witch est un film sorti dans nos salles françaises le 28 juillet 1999. Il est écrit et réalisé par le duo Daniel Myrick / Eduardo Sánchez.

Le film se déroule en 1994 et nous raconte l’histoire de Heather, Josh et Mike, trois étudiants en cinéma qui veulent réaliser un documentaire sur la légende de la sorcière de Blair. Après avoir interrogé des habitants de Burkittsville à propos de la légende, ils vont finir par aller dans les bois à la recherche d’une cabane qui appartenait à un ermite du nom de Rustin Parr, qui avait kidnappé et tué huit enfants il y a une cinquantaine d’années.

Le Projet Blair Witch, c’est un gros mastodonte dans le genre de l’horreur. On peut, sans trop prendre de risques, dire que le film a définitivement marqué l’histoire non seulement du genre de l’horreur mais du cinéma en général de son emprunte lors de sa sortie.

Au delà de la popularisation du genre du found footage que le film a apporté, il est également l’un des premiers films à avoir eu du marketing massif sur internet. Aujourd’hui, quand nous avons le moindre teaser qui est sur-analysé par plusieurs personnes pendant plus d’une demi-heure sur Youtube, difficile d’être impressionné.

Mais il faut se remettre dans le contexte de l’époque, en 1999 ça n’était encore pas du tout populaire comme façon de faire ! Et ça n’a pas été fait par une simple diffusion de bande-annonce. Non, on est dans la campagne virale avec de fausses rumeurs mises sur plusieurs forums pour faire passer le film pour un vrai documentaire, que les événements survenus dans le film ont réellement eu lieu.

Dire que ça a marché pour le film serait un doux euphémisme. Pour un tout petit budget de 60 000$, le film en a tout simplement rapporté … 248 639 099$ ! Voir une telle rentabilité est absolument incroyable. Encore aujourd’hui, cela relève du miracle. Il est d’ailleurs toujours le deuxième film le plus rentable de toute l’histoire du cinéma. Et il était le premier pendant une décennie.

Il fut en effet devancé en 2009 par un autre film : Paranormal Activity. Oui, il y a quelque chose d’ironique et de merveilleux dans cette histoire. Qui a dit poule aux oeufs d’or ? Pas étonnant en effet que les grosses boîtes de production américaines ont voulu leur part du gâteau derrière et que le nombre des productions de ce genre a tant augmenté !

Bref : Le Projet Blair Witch, c’est le parrain du found footage. Et le parrain qui envoie des têtes de chevaux morts aux films qui peuvent le gêner hein ! Pas celui qui surjoue quand Sofia Coppola meurt avant d’également mourir avec une orange à la main pour bien détruire la finesse du symbole installé dans les précédents opus …

Oups, spoiler du Parrain 3. Désolé ! M’enfin … C’est Le Parrain 3 en même temps. On s’en fout un peu non ? Et j’avais besoin de vider ma besace.

 

Combattant #2 : Blair Witch

 

Blair Witch est sorti le 21 septembre 2016 dans nos salles obscures. Le film est écrit par Simon Barrett et réalisé par Adam Wingard. Ce n’était pas la première fois que les deux hommes travaillaient ensemble puisqu’ils étaient déjà derrière You’re Next ou encore The Guest. Deux films vraiment sympathiques que je vous conseille au passage.

Le film raconte l’histoire de James et de ses amis. Nous sommes en 2014, soit 20 ans après les événements du Projet Blair Witch. Après être tombé sur une vidéo étrange sur Youtube, James est maintenant persuadé que sa grande soeur Heather (l’héroïne du premier opus donc) est toujours en vie. Il part donc avec un groupe d’amis qui veulent faire un documentaire sur l’histoire. Le groupe sera rejoint par les deux personnes ayant trouvé la vidéo à proximité de Burkittsville.

Tout comme sa grande soeur, Blair Witch a eu une campagne marketing originale. Et en 2016, c’est tout de même un exploit quand on voit la machine qu’est devenue Hollywood sur ce point. Toute communication est bien gérée des mois à l’avance pour attiser l’attente du public.

Ici ? On a voulu maintenir le projet secret le plus longtemps possible et ils ont réussi. Le tournage s’est fait dans une autre forêt que celle du premier opus pour ne pas attirer l’attention. Et surtout le film avait pour nom original The Woods et était même promu sous ce nom. C’est à peine deux mois avant la sortie du film lors du San Diego Comic Con que la première bande-annonce est arrivée et nous révèle le pot aux roses. Cacher une news comme ça à notre époque ? Franchement, chapeau !

Malheureusement, en terme de succès … Nous sommes loin des résultats du premier opus. Le film a coûté 5 000 000$ et en a rapporté 45 172 994$. C’est toujours un résultat très rentable étant donné le faible coût de production. Et pour le comparer à d’autres found footage sur la même époque, le dernier Paranormal Activity sortait un an avant avec un box-office mondial de 78 millions de dollars pour un coût de production de 10. Avec un coût deux fois plus faible, Blair Witch a eu une meilleure rentabilité face à une saga bien connue du grand public.

Le manque de succès se situe plutôt au niveau des critiques.

 

 

Nous avons donc deux found footage avec des gens dans une forêt. Les deux sont dans la même saga et ont eu une campagne marketing originale. L’un a des bons retours critiques et l’autre non. L’un est foireux, l’autre non. C’est indéniable.

Ce qui nous intéresse ici sont les éléments qui font que l’un d’eux est foireux et l’autre non. Que l’affrontement entre les deux instances de la même fausse légende urbaine commence !

 

Round #1

La Belle et le Clochard

 

La production pour Le Projet Blair Witch, c’était un peu ça :

“Bon les gens, on va vous laisser chaque jour une feuille avec des instructions sur la direction que vont prendre vos personnages. Voici la caméra. A demain !”

Le film est à l’image de son budget : minimaliste. Les réalisateurs ont laissé carte blanche aux trois acteurs Heather Donahue, Joshua Leonard et Michael C. Williams en terme de dialogue ou de direction d’acteur. On les a juste laissés dans la forêt avec une caméra. Cela amène forcément deux façons de voir le résultat final.

  • La première : l’acting du film n’est pas terrible. Heather Donahue avait d’ailleurs eu le Razzie de la pire actrice pour ce rôle en 1999. Et c’est vrai que le tout est extrêmement brut. Le film repose entièrement sur un trio d’acteur et les acteurs ne sont pas forcément des grosses pointures. Je dis ça bien entendu en tout bien tout honneur, je ne suis pas foutu d’être naturel devant un appareil photo alors une caméra n’en parlons pas…
  • La seconde : Ce côté brut amène un réalisme qui correspond parfaitement à l’esprit documentaire du film. Le fait que les personnages s’appellent ‘Heather’, ‘Josh’ et ‘Mike’ n’est pas anodin. Il y avait une réelle volonté de brouiller le plus possible la frontière entre le réel et la fiction.

Nous sommes bien entendu sur un point entièrement subjectif ici. Si quelqu’un me dit qu’il n’aime pas le film car les acteurs sont nuls, je le comprendrais parfaitement et je suis d’accord. Mais si quelqu’un d’autre me dit que le côté documentaire fait vrai, je serais également d’accord. Pour ma part, je suis un grand grand fan de ce film et je penche vers la seconde façon de voir la direction prise par ce film.

J’ai l’impression de vraiment voir des personnes réagir à des événements étranges dans des bois et plonger petit à petit dans la folie. Et j’aime ce film pour cette raison justement.

Alors forcément, au delà des moyens économiques, Blair Witch peut faire la belle en comparaison à l’esprit “ma bite et mon couteau” de sa grande soeur. Nous avons un vrai script et de vrais personnages bien définis dès le début. Il n’y a pas de grande place à la liberté des acteurs ici. Et ce n’est pas une critique, loin de là !

Laisser de la liberté aux acteurs est une bonne chose. Laisser trop de libertés aux acteurs ? On se retrouve avec de trop longs monologues de Melissa McCarthy dans une comédie qui dure bien plus longtemps qu’il ne devrait à cause de ça. Oui Spy, c’est à toi que je m’adresse ! Heureusement que Jason Statham y est génial sinon je ne pourrais pas te supporter film !

Malheureusement, les personnages de Blair Witch sont tous sauf intéressants. Nous sommes devant un groupe de jeunes tout ce qu’il y a de plus lambda. Nous avons déjà vu les clichés utilisés dans ce film déjà exploités jusqu’au trognon. L’acting est sans doute un peu meilleur (sans être brillant non plus, loin de là) mais il n’y a plus ce côté ultra réaliste.

Je ne vois plus des personnes mais des personnages. Et ce ne sont pas des personnages forcément intéressants. Alors forcément, quand il se met à leur arriver des malheurs, mon investissement émotionnel envers eux est minimal.

Cela passe aussi par les décisions prises par les personnages. Des décisions que je pourrais qualifier gentiment de complètement connes.

Je vous donne un exemple : le personnage Ashley est une des premières à subir une mésaventure dans le film, à savoir une blessure au pied. C’est une blessure qui est utilisée comme point scénaristique un bon moment du film avant d’être mis de côté. Et à un moment, quand tous les personnages sont déjà bien au courant que la situation dans laquelle ils sont est bien bien merdique et surnaturelle comme il faut, elle se décide de monter tout en haut d’un arbre pour essayer de récupérer un drone.

On a littéralement un personnage au pied blessé qui se dit que s’isoler complètement du reste du groupe alors que tout va mal et qu’ils sont dépassés par la situation afin d’aller récupérer un objet situé dans un endroit où elle n’a aucun moyen de se défendre ou de fuir est l’idée logique à suivre. On a du vaudou et du voyage dans le temps (spoiler) dans ce film et pourtant c’était ce moment le plus surnaturel pour moi. Incompréhensible.

J’ai une armée de zombies autour de ma maison et j’ai une jambe cassée, je ne me dis pas qu’il faut que j’aille chercher les endives au jardin avant qu’ils ne pourrissent. C’est pas vraiment la priorité. Et puis cette métaphore est nulle, je ne suis pas fan des endives. Donc même sans des zombies autour de chez moi je n’irais pas chercher ces putains d’endives.

Mais revenons à nos end… nos moutons. Revenons à nos moutons. Le côté brut mais du coup authentique du casting du Projet Blair Witch me marque bien plus que le classicisme du casting de Blair Witch. Et encore une fois,  cela ne vient pas du jeu des acteurs des deux films mais purement de la direction artistique prise et de la direction d’acteur.

Même si nous nous retrouvions avec de meilleurs personnages, mieux écrits et plus appréciés dans Blair Witch, je pense tout de même que je pencherais vers le trio du Projet Blair Witch. Purement par ce côté original de laisser une liberté totale. Le tout est sûrement poussé par le maque de moyen. Si Daniel Myrick et Eduardo Sánchez avaient plusieurs millions de dollars à leur disposition, nous aurions sans doute un résultat bien différent. Mais avec des si, on refait le monde et on coupe du bois alors contentons-nous de ce que nous avons concrètement !

 

Anecdote amusante à ressortir lors de vos nombreux dîners mondains :
La mairie de la ville avait retiré son panneau lors de la sortie de Blair Witch car ils avaient peur que les gens le vole. Ce qui est arrivé de nombreuses fois lors de l’énorme succès du Projet Blair Witch.

 

Round #2

Le bon mystère et le mauvais mystère

 

Sans transition, le sketch des Inconnus.

 

On entre dans la partie où ça spoil sec donc si jamais vous n’avez pas vu ces films et que vous voulez absolument les voir sans connaître la fin, c’est le moment de faire une pause dans votre lecture pour aller voir les deux films puis revenir. Ok ?

On est bons ? Ok niquel je reprends alors.

On ne sait absolument rien des personnes ou de l’entité qui persécute le groupe dans Le Projet Blair Witch. Est-ce qu’il s’agit réellement d’une sorcière ? Est-ce que ça pourrait être le fameux Rustin Parr dont les personnages parlent qui est encore en vie ? Ou est-ce qu’il s’agissait de quelqu’un complètement extérieur à tout ça qui les as tués ? Le film ne nous donne pas de réponses.

Ce que nous avons sont des éléments de mythologie qui sont installés. On nous donne des clés sans nous montrer la porte si je devais aller dans la métaphore vaseuse.

Encore une fois, il y a plusieurs façons de voir les choses. On peut se plaindre du fait qu’effectivement, on installe des éléments ici et là sans pour autant leur donner une signification ou un réel impact sur la trame du film.

Blair Witch répond à cette question. Nous avons bien une sorcière. C’est elle qui avait tué le trio en 1994 et c’est elle qui tue tout le groupe en 2014. Je pensais que cette réponse m’énerverait au plus haut point mais finalement après avoir revu le film une nouvelle fois pour le bien de cette chronique (j’avais déjà été le voir en salles lors de sa sortie), ce n’est pas la révélation qui m’embête réellement.

Le bon mystère (les cailloux dans Le Projet Blair Witch par exemple), c’est celui qui te laisse des questions sur la mythologie du film. Tu as envie d’en découvrir plus. Le mauvais mystère est ici celui de Blair Witch non pas parce que la créature est révélée, mais parce que ses capacités soulèvent plus de questions sur la logique que sur la mythologie.

Est-ce qu’il s’agit d’une humaine ou bien d’une créature ?
On voit son apparence et c’est tout sauf humain, donc est-ce vraiment une sorcière ?
Le film nous installe la notion du contrôle du temps par la créature, est-ce qu’il y a des limites ?

Et finalement ces questions ne me donnent pas envie d’avoir réellement des réponses. Ce sont des questions qui me font douter sur l’intérêt même d’avoir cette créature au sein du film. Et pour expliquer ma logique, je vais devoir être très chiant. (Je ne le suis pas déjà ? Dites le moi franchement, après tout nous sommes au milieu d’un pavé où je compare deux films dont la plupart des gens se foutent complètement par plaisir donc bon…)

Je vais donc mettre une image de professeur ou de scientifique.

 

Hmmm … Peut-être moins évident comme référence ?

Parfait !

 

Pour qu’une créature de film fonctionne, il faut que des règles soient installées. La créature de The Thing par exemple. Elle peut prendre l’apparence de n’importe quel être vivant MAIS on peut la tuer avec des flammes. Mais nous pouvons prendre plus général : le loup-garou qui a l’argent pour faiblesse, le vampire avec le pieu dans le coeur etc…

Ici ? Nous avons juste une accumulation de ses capacités. Et la plupart sont de bonnes idées. Simon Barrett est un scénariste qui aime bien trouver des twists et des façons originales d’amener des éléments dans ses scripts. Ce qu’il faisait justement dans The Guest ou You’re Next qui sont des films que j’aime bien notamment en raison du script que je trouve inventif. Mais je pense qu’ici il a voulu trop en faire et ça s’est un peu retourné contre lui.

La sorcière fait des poupées vaudou et elle imite la voix des personnes. Mais elle a aussi un design presque arachnéen et elle contrôle le temps et elle ne peut pas tuer quand la personne ne la regarde pas et … Vous m’avez compris. Ce sont des bons points, le problème vient de l’accumulation. Elle semble complètement invincible dans Blair Witch et ça devient un problème car nous n’ajoutons pas du mystère ici, les questions que je me pose sont plutôt « et du coup comment elle fait ça, et ça ? » ce qui est dommage.

 

Débrief

 

J’aime beaucoup Le Projet Blair Witch et bien évidemment que le film est supérieur à Blair Witch sur quasiment tous les points. Il a une authenticité et un minimalisme qui sont bien plus efficaces que le classique found footage moderne qui enchaîne les jumpscares sans intérêts. Blair Witch a des idées mais elles ne sont pas mises en valeur à cause d’un script qui les enchaîne trop ce qui enlève toute la saveur de ces idées.

Néanmoins, je voudrais un peu atténuer les critiques négatives du film car il y a un élément central dans toute cette histoire : l’époque. Blair Witch est sorti en 2016. Nous avons 4 films [REC], nous avons 6 Paranormal Activity, on a eu une plâtrée d’autres found footage qui ont essayé de devenir d’énormes succès. En 2018 j’ai l’impression que la vague est passée et que le mouvement s’est un peu calmé.

Mais forcément quand on voit Blair Witch, nous sommes lassés d’avance car nous savons dans quoi nous nous embarquons. Et avec l’énorme poids d’un tel nom de licence attaché au projet, le spectateur a l’espoir de ne pas tomber sur un film classique. Espoir inévitablement déçu.

Par contre, si vous me sortez l’exact même film en 2001 ou 2002 ? Je suis persuadé que les retours seraient bien plus positifs. Le premier opus serait encore frais dans les mémoires de tout le monde et on nous sort un film qui suit la logique de la suite classique : plus gros, plus impressionnant visuellement, plus de personnages … Bref, plus tout. Mais bon, encore une fois avec des si on refait le monde et on coupe la jambe du docteur Gordon dans Saw.

Le Projet Blair Witch est un film vraiment intéressant et si vous ne l’avez jamais vu, je vous encourage vraiment à le regarder. C’est minimaliste mais bougrement efficace. Et je vous recommande aussi Blair Witch ! Il n’est effectivement pas aussi marquant, nous sommes définitivement sur un film inférieur mais le revoir pour le bien de cette chronique était moins déplaisant que je ne pensais. Et j’espère que cette chronique vous a montré le pourquoi ces deux films qui ont tant de similarités ne fonctionnent pas de la même manière. Après tout c’est l’intérêt même de cette foutue chronique !

Pour finir et rester dans le thème, regardez The Witch. C’est un super film d’horreur. Et c’est aussi une histoire minimaliste de sorcière donc … Le thème, tout ça.

Sur ce, je vous dis à la prochaine mes bougres. J’espère que ça vous a plu, j’avais réellement envie de parler d’un film d’horreur en premier sur cette chronique car c’est un genre que j’apprécie beaucoup et qui n’a pas la meilleure des presses la plupart du temps. Et les deux films que j’attends le plus sur cette fin d’année sont deux films d’horreur, à savoir Halloween et le remake de Suspiria. Mais le prochain Versus ne sera pas entre deux films d’horreur, promis !

*repousse les Versus entre Massacre à la Tronçonneuse et son remake et entre les deux The Thing

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