[Critique] Star Wars – épisode VIII : Les Derniers Jedi

Hey toi, oui toi. C’est bien à toi que je parle. Soyons francs quelques secondes si tu le veux bien. Peu importe ce que je vais dire sur ce film, tu iras le voir. Je pourrais pondre une critique assassine ou être dithyrambique, ça n’aurait aucune influence.

Néanmoins, je vais m’attaquer à ce mastodonte. Parlons de Star Wars – épisode VIII : Les Derniers Jedi. Et ça ne va pas être simple, car je vois encore une fois sur les différentes critiques vidéos ou sur les réseaux sociaux que lorsqu’on touche à la saga Star Wars, il faut être très prudent.

Vous pouvez me dire que c’est le cas pour tous les films en réalité. Pas uniquement Star Wars. Je suis d’accord, mais en terme d’ampleur nous sommes quand même dans une autre école. Et le point le plus important surtout : Star Wars VIII va diviser les fans comme jamais, rendant l’exercice de cette critique plus complexe qu’il n’y paraît !

 

 

Deux petits points importants avant d’attaquer la bête :

  • Il y aura une partie spoiler, car pour moi c’est vraiment nécessaire concernant ce film. Non ne quittez pas encore l’article ! Cette partie spoiler sera dans la seconde page, qui ne contiendra que ça. Toute la critique pure du film sera garantie sans le moindre spoiler et surtout entièrement présente ici.
  • Pour que vous sachiez où je me situe par rapport aux derniers opus de la saga (ce qui peut compter pour vous en tant que lecteur pour que vous sachiez vous positionner et prendre le recul nécessaire) : j’aime l’épisode VII même si je suis conscient de son côté très safe. Pour moi il fallait ça vu l’ampleur titanesque de la tâche qui était de relancer la machine Star Wars après la prélogie. Et je chie sur Rogue One qui est pour moi une fan-fiction moyenne à laquelle on a donné plusieurs centaines de millions de dollars par erreur.

Je vais partir du principe que si vous lisez ces lignes, vous avez vu Star Wars VII. Si ce n’est pas le cas, qu’est-ce que vous foutez ici à lire ma critique du huitième film ?!

Star Wars VIII est donc la suite directe de Star Wars VII. Je le précise même si cela semble évident car nous reprenons vraiment quelques minutes après la fameuse scène de fin entre Luke et Rey. Cette scène qui a fait spéculer tous les fans pendant deux ans. Qu’est-ce qu’il va se passer ?! Qui sont les parents de Rey ? Qui est Snoke ? Pourquoi refaire une troisième étoile noire alors que ça n’a jamais marché les deux fois auparavant ?!

Là je vais passer à un autre point, mais c’est fait exprès. Je reviendrais sur cette succession de question dans quelques instants, vous allez comprendre pourquoi.

Parlons des choses qui fâchent tout d’abord. Car malheureusement cet opus est loin d’être exempt de défauts. Pour tout vous dire, je n’avais aucune attente concernant ce film autre que le fait qu’il s’agisse de Star Wars. Ce que je veux dire par là, c’est qu’à part l’affiche, je n’ai absolument rien vu du film avant d’entrer dans la salle de cinéma. Pas une image, pas un trailer, nada. Je voulais vivre ce film comme une page blanche attendant qu’on lui écrive dessus. Je n’avais donc pas d’avis déjà pré-conçus. Je vous parle donc des défauts du film en tant que lui-même, non pas de défauts vis-à vis des attentes que j’avais sur le scénario ou sur les personnages par exemple.

 

Je ne voulais rien voir. Le risque de finir comme cet homme était trop important.

 

Star Wars VIII est l’opus le plus long de la saga, et je ne sais pas vraiment pourquoi il avait besoin d’être si long en réalité. La plupart des nouveaux personnages introduits dans cet épisode ne servent pas à grand chose. Mais le pire vient de la trame scénaristique qui a des arcs n’amenant nulle part, ce qui est quand même assez surréaliste. Tout l’aventure que vit Finn dans ce film n’amène finalement rien à l’intrigue principale en terme d’influence, ce qui est dramatique quand on passe autant de temps avec lui.

Et ce problème de longueurs amène en plus deux autres problèmes dans le film, qui sont assez violents car non subtils. Le premier est au niveau de la direction artistique. Je ne spoile rien mais nous avons une planète présentée dans ce film par l’intermédiaire de la sous-intrigue de Finn qui est sans doute la planète la moins intéressante et la moins originale visuellement de toute la saga. Le design des différentes créatures qui s’y trouvent n’a rien de marquant, et les décors c’est encore pire. On avait parfois l’impression d’être directement sur Terre ! Plus je prends du recul sur le film, plus je me dis que c’est raté de ce côté.

 

La tête que John Boyega va tirer quand il va voir la réaction des gens sur son arc scénaristique.

 

Le second problème est sans doute LE point qui va diviser énormément la communauté de fans sur cet opus. Il s’agit en fait de plusieurs scènes plus qu’un seul réel défaut. Je ne vous parlerais pas des scènes en question (excepté dans la partie spoiler de la seconde page évidemment) dans la critique mais une fois que vous verrez le film, vous verrez très bien de quoi je parle. Nous avons dans cet opus quelques moments extrêmement WTF-esque. C’est assez violent. Vraiment. Le public dans la salle devrait réagir je peux vous le garantir. Certains accepteront, d’autres seront sortis du film, peut-être au point de ne plus pouvoir s’y replonger derrière et ce jusqu’au générique de fin.

Mais arrêtons d’être trop pessimistes et de voir le verre à moitié vide quelques instants pour nous concentrer sur ce qu’il y a de bien dans ce film. Et oui, ne vous inquiétez pas je n’ai pas oublié la succession de questions posées au début du corps de mon article. Je vous l’ai dit, c’est fait exprès vous allez comprendre.

Tout d’abord, quel plaisir de voir Rian Johnson derrière la caméra ! Le style de J.J. Abrams à la réalisation de Star Wars VII est un style qui divise et je peux tout à fait le comprendre. Pour ma part il fait parfois un peu trop dans le gadget de réalisation, mais ça ne me gêne pas plus que ça non plus. Ici par contre, la réalisation est vraiment bonne. Que ça soit dans les angles de caméra durant les scènes d’action ou sur des scènes de discussion, il y a un vrai travail dans la mise en scène qui fait vraiment plaisir à voir. Il a su rendre épique les scènes qu’il fallait, nous offrant quelques plans qui sont parmi les plus marquants et les plus beaux de toute la saga.

 

Porg > Ewok

 

Ensuite, quel plaisir de revoir Rey et ses compères ! Daisy Ridley en Rey était pour moi une vraie réussite dans l’épisode VII et elle confirme ici dans cet opus avec l’alchimie qu’elle a avec Luke ou même Kylo Ren. Kylo Ren qui ici prend une véritable ampleur en tant qu’antagoniste et fait moins « sale gosse avec un masque ». Poe Dameron prend également plus d’importance dans ce film et on voit le côté un peu double tranchant de son caractère de tête brûlée. Les personnages évoluent durant le film et c’est réussi, on y croit et surtout on s’attache aux personnages. Mais soyons un peu des gosses quelques instants : revoir Mark Hamill en tant que Luke Skywalker, c’est pas le pied franchement ? Il prend un plaisir fou devant la caméra et nous prenons un plaisir fou devant l’écran.

 

On peut voir ici que Mark Hamill en veut encore à J.J. Abrams pour la fin de Star Wars VII.

 

Leia est un peu plus en retrait ici mais il est difficile de ne pas aborder le sujet douloureux de la mort de Carrie Fisher. La princesse Leia a toujours fait partie de mon top 3 personnel des personnages féminins forts, et ce depuis mon enfance. C’était toujours Ripley dans Alien, Sarah Connor dans Terminator et Leia dans Star Wars. Alors savoir qu’il s’agissait ici de sa dernière apparition me fait forcément un petit pincement au coeur. Elle va me manquer, ça ne fait aucun doute.

Telle la Force qui est un équilibre entre le bien et le mal, Star Wars VIII est un équilibre entre les scènes bien what the fuck dont je parlais plus tôt et les scènes qui font chavirer mon petit coeur d’amoureux de Star Wars. On a du moment épique ici mes amis lecteurs-rices (c’est comme ça l’écriture inclusive ? Je m’y prends bien ? … Je trouve ça plutôt moche si je peux me permettre). On a des scènes qui vont nous faire nous accrocher à notre siège.

Mais pour moi, le plus gros point fort de ce film est sans doute le point qui va donner ce côté très clivant, qui va faire qu’on adore ou qu’on déteste. Et c’est là que je reviens sur la succession de questions au tout début pour amener cette jolie petite boucle : Star Wars VIII est un beau doigt d’honneur à tout ça. Et je dis ça étrangement de la plus positive des manières.

 

Pas besoin de commentaire, je trouve l’image belle.

 

Je ne sais pas si vous traînez autant que moi sur la toile (je ne l’espère pas pour vous pour être tout à fait honnête), mais après l’épisode VII, on en a eu des mois et des mois de spéculations. Des vidéos d’analyse, des heures et des heures de débats par des fans, des podcasts de spécialistes de la saga et autres joyeusetés. On en a eu des fan-fictions, des discussions de fans sur des forums à travers le net sur ce que la saga allait devenir. Si quelqu’un vous dit qu’il s’attendait à ce que nous propose Star Wars VIII, cette personne vous ment.

Ce film est une vraie prise de risque. Et c’est fou quand on y pense, pour une saga installée dans la pop-culture depuis autant d’années. C’est fou, mais c’est surtout admirable. Alors ça ne va pas toujours passer, et certaines des idées et réponses (ou parfois absences de réponse) sont peut-être plus foireuses qu’autre chose. Mais au moins, le film pose ses bourses sur la table. Il pose parfois ses bourses sur l’épisode VII à travers des dialogues qui attaquent le côté « aucune prise de risque » que le film avait.

Alors forcément, je suis sur certains points un peu vexé par ce que le film nous donne en guise de réponses aux questions laissées en suspens dans l’épisode précédent. Mais globalement, je trouve que c’est un coup de poing à mes attentes dont j’avais besoin, et par extension dont les fans avaient peut-être besoin.

Le thème des films Star Wars a toujours été celui de grandir. Le thème de Star Wars – épisode VIII : Les Derniers Jedi est celui de vieillir. Et à travers ce thème, Rian Johnson nous propose un opus qui va diviser et dont on va parler pendant de nombreuses années. Mais dans une saga à laquelle on reprochait une trop grande volonté de rester dans sa zone de confort, Star Wars VIII vient mettre un coup de pied à la fourmilière. C’est à double tranchant, pour ma part je suis en demi-teinte face à certaines idées ou scènes que je trouve ratées. Mais au moins il vient me proposer quelque chose de radical, qui me challenge en tant que fan. Et pour cette prise de risque, même si il n’obtient pas toutes mes louanges, il obtient tout mon respect.

L’épisode IX retourne dans le panier de J.J. Abrams. Ce dernier a une vraie épreuve qui l’attend : donner une fin à cette trilogie si différente entre les épisodes VII et VIII qui puisse satisfaire tout le monde. Je ne sais pas ce que ça va donner, nous pourrions obtenir une fin en queue de poisson. Mais ce qui est sûr, c’est que si jamais l’épisode IX est raté, de cette nouvelle trilogie, c’est l’épisode VIII dont je me souviendrais le plus longtemps.

Ah, et le spin-off sur Han Solo je m’en branle complètement. Bisous !

Pour ceux qui ont vu le film ou qui n’en ont juste rien à faire, je vous invite à aller à la page suivante pour causer plus vivement spoiler ! Les autres ? Je vous remercie de votre présence ici, j’espère que cette critique vous aura plu. Et à une prochaine !

Merci vous deux. Pour tout.

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