Review : Steve Jobs

J’ai légèrement critiqué l’Église Catholique dans ma review sur Spotlight, je devrais quand même réussir à m’en sortir en parlant de Steve Jobs non ?

Oh moi tu sais, ça ne sert à rien de me parler. Je suis ton cerveau je te rappelle, je fais comme tu le sens. Mais si tu te dis ça, c’est que tu as les chocottes.

Oui. J’avoue avoir peur. Les chrétiens sont flippants pour moi, comme toutes les personnes religieuses. Mais ça passe encore. La secte des Apple Addicts ? Eux, ils me font réellement peur.

Mais non, je suis sûr que ça va aller. En plus, tu vas dire du bien du film. Danny Boyle à la réalisation, Aaron Sorkin au scénario … C’est le panier à 3 points assuré. T’as vu ? Une référence sportive. C’est rare.

Le problème, c’est que je n’ai pas trop aimé Steve Jobs

Ah oui, non mais si tu ne fais pas d’efforts aussi ! Je veux bien être sympa mais là tu tends le bâton pour te faire battre.

 

Steve Jobs

 

Avant de parler du film, je tiens tout de suite à me défendre afin d’éviter les critiques du genre « Mais c’est parce que tu détestes les produits Apple, t’es pas objectif pour un sou blablabla ».

Pour que tu ais des critiques, il faudrait que les gens te lisent.

Ok, ça c’est juste méchant et blessant.

Je ne m’excuserais même pas, c’est vrai.

Oui, mais quand même. Bref, je ne déteste pas Apple. Je ne déteste même pas les produits Apple. Ce que je n’aime pas, c’est la communauté Apple en général. Ces éternelles justifications des clients sur le prix qu’ils payent leurs appareils comme si ils ne pouvaient rien faire si leur smartphone n’était pas un iphone ou autre … Ça, c’est ce qui m’énerve avec Apple. Mais là n’est pas la question, je parle cinéma. J’aime le cinéma, j’aime tous les genres de cinéma. Et c’est bien du film Steve Jobs que je vais parler dans cet article, non pas de l’homme.

Normalement, ce film était LE film sur Steve Jobs qui devait me plaire. Danny Boyle à la réalisation ? Une valeur sûre. Mais c’est surtout Aaron Sorkin au scénario qui me vendait du rêve pour être franc. J’adore son style. C’est un style très brut, qui embarque le spectateur si il le souhaite. Car il faut le dire, c’est un style d’écriture très verbeux. Il y a énormément de dialogues. Il suffit de voir The Social Network pour comprendre le style Sorkin au niveau de l’écriture. C’est un style qui me plait car il n’a aucune prétention, mais il n’est pas non plus facilement accessible à tous. Il faut s’accrocher, il faut rester concentré. C’est pas toujours simple, surtout si le film commence à devenir long, mais c’est un style intense. C’était LE gros argument de vente du film selon moi. Avec un casting 5 étoiles devant la caméra en plus ? C’est du bonus de luxe. Michael Fassbender qui incarne Steve Jobs, nous avons Kate Winslet et le très surprenant Seth Rogen qui joue réellement très bien Steve Wozniak, tout était fait pour que ce film soit absolument génial à suivre.

Trio– Est-ce qu’il dit ça pour mieux nous cracher dessus derrière ou c’est juste une impression ?
– Je pense que c’est un truc comme ça ouais.

D’ailleurs, parlons du casting qui est juste parfait. Chaque acteur joue son rôle comme il le faut, Michael Fassbender est comme d’habitude, absolument génial à suivre. Un vrai charisme qui fait qu’on ne voit plus que lui à l’écran. Je trouve d’ailleurs que ce charisme sert vraiment le film, car ça donne plus d’ampleur au personnage de Steve Jobs dans son côté décadent. Celui qui m’a le plus surpris reste quand même Seth Rogen qui nous montre qu’il peut jouer très sérieusement. Il n’est pas qu’un acteur qui fait des comédies de seconde zone où il est constamment en train de fumer des pétards, il peut aussi nous sortir des interprétations juste et rivaliser avec Michael Fassbender quand les deux personnages se disputent à l’écran. Vraiment un grand bravo.

Autre point que j’ai aimé (oui, je commence par les points que j’ai aimé avant de vous dire pourquoi je n’ai pas trop aimé Steve Jobs à la fin, histoire de préparer le terrain en douceur) : la réalisation. Le film se découpe en 3 grandes parties, toujours quelques minutes avant le lancement d’un nouveau produit Apple : le lancement du Macintosh, celui du NeXT Computer et finalement celui de l’iMac. Chaque chapitre ayant quelques années d’écart entre eux. Nous sommes toujours dans les coulisses avant l’événement de lancement du produit, avec les mêmes personnages qui interagissent entre eux. Nous les voyons évoluer très rapidement, voir les changements qu’ils ont eu dans leur comportement etc … C’est un style très intéressant je trouve. Ça sort de l’ordinaire et c’est bien fait ici. Notamment visuellement, car Danny Boyle a filmé ces 3 segments avec 3 types de caméra différents. Nous avons donc une image de plus en plus nette au fur et à mesure que le film passe.

Ça donne un vrai cachet visuel au film, et c’est quelque chose que j’ai beaucoup apprécié. Danny Boyle a fait un très bon travail avec Steve Jobs.

Steve vs. Steve– Steve, pourquoi continue t-il de dire du bien du film alors que dès l’introduction il a clairement spécifié qu’il n’avait pas aimé ?
– Je ne sais pas Steve, calme toi. Je suis sûr qu’il y a une explication logique.

Voilà voilà, j’y viens. Au niveau de la forme et de l’interprétation des acteurs, je n’ai rien à dire. Au niveau des dialogues ? Encore une fois, rien à dire, Aaron Sorkin a fait du très bon boulot. Le problème que j’ai avec Steve Jobs est un problème non pas de forme, mais de fond. Je suis peut-être passé à côté du message du film. Je reconnais la possibilité de ne pas avoir compris ce que le film me disait. Mais je ne sais pas pour qui ce film est fait en fait. Nous sommes devant une réécriture d’une biographie de Walter Isaacson par Aaron Sorkin, qui ensuite a été retouchée par Danny Boyle. Ce film n’est pas un biopic. C’est une version fantasmée. Mais c’est limite ça le problème justement, nous sommes face non pas à Steve Jobs, mais une version fantasmée de Steve Jobs. On voit que le personnage a de la profondeur et du contenu, que Michael Fassbender donne corps à Steve Jobs d’une très bonne manière, mais on ne saura jamais vraiment qui est le vrai Steve Jobs. Et c’est ça que j’attendais pour ma part. Je voulais voir un portrait de l’homme, du vrai. Non pas d’une vision qu’un homme avait sur la réécriture d’un homme d’une biographie vue par un autre homme sur Steve Jobs. Parce que ça donne une version qui n’est pas vraie. Réaliste, certainement. Vraie ? Je ne pense pas. Et c’est ça qui m’a bloqué je pense.

Est-ce que je me suis ennuyé ? Pas un seul instant. Mais je ne sais pas, j’avais cette légère impression de faux qui me reste en travers de la gorge. Je sais bien que tout a été romancé pour être contenu dans un film, c’est normal. Mais je ne sais pas, je voulais peut-être quelque chose de plus.

Ashton KutcherÇa restait quand même un milliard de fois mieux que Jobs qui lui était juste une parodie de biopic.

Ça reste purement personnel, donc je ne peux décemment pas vous déconseiller le film qui reste quand même intéressant. La réalisation est bonne, l’écriture est bonne, le casting est bon … Il n’y a vraiment rien à dire sur la forme. C’est le fond qui m’a personnellement bloqué. Néanmoins, si vous allez le voir et que vous le trouvez absolument fascinant, je ne serais certainement pas celui qui vous contredira !

Tu la joues petits bras là quand même. T’essaye de n’offusquer personne ?

Non, je pense sincèrement ce que je viens de dire. Et puis encore une fois, les Apple Addicts me font peur. Ils ont applaudit un stylet à 150€ la dernière fois. Moi je trouve ça flippant.

Je ne peux pas te contredire sur le coup.


La pub habituelle pour la page Facebook du site, tout ça tout ça. Sinon, ce soir je serais à l’avant-première de Deadpool au Grand Rex, donc attendez-vous à une review dès demain dessus ! Ça risque d’être une expérience carrément géniale !

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