Review : Délivre-nous du mal

Minuit. Un appartement en région parisienne. Il pleut fort. Genre pas comme une vache qui pisse, mais presque.

– Il est dans sa chambre ?
– Oui mon père, il y est … Il n’en est plus sorti depuis plusieurs jours. Avec mon mari nous avons peur. Nous entendons des bruits dans sa chambre … Comme si il grattait quelque chose. Impossible de rentrer pour voir ce qu’il y fait. Nous n’en pouvons plus. C’est pour cela que nous avons fait appel à vous.
– Pourquoi ne pas avoir appelé les autorités compétentes comme une personne logique ?
– Nous sommes des évadés fiscaux. Mon mari cultive également des chinois dans la cave.
– Vous voulez plutôt dire qu’il exploite des chinois non ?
– Non non, il les cultive.
– Cela me semble être affreux. Mais je comprends. Je vais essayer de rentrer dans la chambre de votre fils pour voir s’il est réellement possédé. Restez dans la cuisine et n’intervenez surtout pas.
– Ça tombe très bien, Plus Belle La Vie va commencer.

Le prêtre prépare son crucifix, se met quelques gouttes d’eau bénite sur le front avant d’avancer vers la chambre du jeune homme, la boule au ventre.

– Vade Retro ! SATANAS !

La porte de chambre s’ouvre. On y voit le jeune homme nu, en position foetale. Les murs sont couverts de sang et d’excréments. Plusieurs messages y sont inscrits. On peut notamment lire « Lucy dépasse les 4 millions de spectateurs », « C’est le phénomène de l’été » et d’autres messages concernant le film Lucy. Le prêtre fait le signe de la croix, il en est sûr : c’est bien l’oeuvre d’un démon. Il s’approche du jeune homme lentement …

– Comment t’appelles-tu démon ?!
– JE SUIS GREIL !!! ET NOUS SOMMES EN ENFER !!!
– Allons démon, retourne d’où tu viens !
– Mais je ne suis pas un démon voyons, qu’est-ce qu’il vous arrive ?
– Je … Mais … pourquoi les messages en sang sur les murs concernant Lucy ?
– Parce que ça me flingue le moral de savoir ça, et avec 2 litres de vodka dans le cornet on est plus trop conscient de rien au bout d’un moment.
– …

Le prêtre revient ensuite dans la cuisine pour parler aux parents du Greil.

– Alors, est-ce un démon ?
– Non … J’ai bien peur que votre fils …
– Oui ? …
– … Soit juste vraiment très con.
– Oh …

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C’est parti pour la review de Délivre-nous du mal ! Et pourquoi cette introduction étrange ? Parce que j’avais envie.

 

Affiche Délivre nous du mal

Même si nous n’avions pas forcément beaucoup entendu parler de cette sortie, il s’agissait d’un film que j’avais vraiment envie de voir. Le mélange entre les codes du thriller et du film d’exorcisme me plaisait. Et la distribution me satisfaisait également pas mal. Car même si Éric Bana est le Hulk du mauvais film Hulk que nous aimerions tous oublier, l’acteur en lui-même est bon. Et le voir pote avec Joel McHale qui est un acteur que j’adore, cela ne pouvait que me donner envie !

En terme de scénario qu’est-ce que nous raconte le film ? Nous nous retrouvons avec Éric Bana et Joel McHale dans le rôle de policiers qui sont confrontés à plusieurs affaires en peu de temps : un homme qui bat sa femme, un meurtre et une femme qui a jeté son bébé dans la fosse aux lions du zoo.  Ces affaires en elles-mêmes sont déjà suffisamment glauques, mais plusieurs indices les amènent à penser que les 3 affaires sont peut-être liées à une histoire qui dépasse la logique puisqu’il serait question de forces surnaturelles … Avec l’aide d’un prêtre spécialiste dans la démonologie, ils vont tenter de retrouver un homme qui semblerait être possédé par un esprit maléfique.

Comme je vous l’ai dit, nous sommes dans un film qui tente de faire un mélange des genres. Et j’ai aimé cette prise de risques de la part du réalisateur. Mélanger un petit peu les genres pour bouleverser les codes connus de tous du film de possession. Nous avons du surnaturel, mais également de l’ambiance de thriller bien crade dans la lignée d’un Seven ou de Saw par exemple.

 

Le duoIl est possible et largement faisable d’obtenir un générique avec ces deux personnages dans un sitcom américain avec un duo improbable. Mais ça serait plus marrant que d’habitude. Et nous reprenons Joel McHale dans son rôle de Jeff Winger dans Community en guise de personnage secondaire. BEST SHOW EVER.

 

La distribution du film est un vrai point fort. Éric Bana est charismatique et joue bien son rôle de policier un peu dépassé par les évènements. Quant à Edgar Ramirez c’est simple : il joue l’un des prêtres les plus badass que j’ai pu voir au cinéma. Il picole, il est un ancien drogué, il est prêt à se battre contre des personnes possédées … Bref, il ne manquait plus qu’à le voir avec des lunettes de soleil, un flingue et quelques répliques badass et nous étions en face d’un personnage ultime. Bon il ne flingue personne dans le film, mais il en serait complètement capable !

Je suis subjectif en parlant de Joel McHale car il reste un personnage secondaire dans le film. Mais il a le mérite d’avoir de bonnes répliques. Il est le comique du film, celui qui dans une mauvaise situation nous sort une blague vaseuse. Et ça marche assez ici. Il cartonne à la télé, il serait temps de le voir dans des rôles importants au cinéma car il a un vrai potentiel le petit père. J’en suis convaincu !

 

Jeff WingerAhah, classic Winger !

 

Mais parlons du film en lui-même, si la distribution est bonne, est-ce que le produit dans sa globalité l’est ? Eh bien … Il est sympathique, mais il avait un sérieux potentiel. Je m’explique : dans sa globalité je trouve que cela fonctionne bien. Il y a de vrais bons moments dans le film, avec une vraie ambiance malsaine bien foutue. Malheureusement le film tombe dans la facilité ultime des codes de film d’horreur : le jump-scare. Il y a beaucoup trop de jump-scares dans ce film ! Et ils ne sont à aucuns moments originaux car on les voit quasiment tous venir. Malgré ça on sursaute bien entendu, mais ce n’est pas de la peur, c’est un réflexe simplement … Et je continue de le dire : faire sursauter, ce n’est pas faire peur. Dommage film … Je vais devoir sortir un carton jaune pour le coup.

Autre point : la répétition des scènes dans la chambre de la fille d’Éric Bana. Généralement dans les films de possession, nous avons souvent des scènes assez similaires mais avec une ambiance et des évènements de plus en plus importants histoire de montrer la plongée de plus en plus profonde dans le mal. Et ici nous n’y échappons pas avec la fille d’Éric Bana qui subit des évènements étranges chaque nuits. Ces scènes ne sont pas mauvaises, mais ce n’est pas original pour un sou … on a déjà vu ça 100 fois auparavant. Dommage !

 

BoboJ’ai un peu bobo.

 

Et malheureusement c’est ce genre de points qui fait qu’au final, nous ne retiendrons que ça de Délivre-nous du mal : il a ses moments, il a son efficacité … Mais il n’apporte rien d’original. Dommage pour un film qui voulait un peu mélanger les genres. A regarder une fois quand il passera à la télé un soir, mais pas plus.

Néanmoins si on m’annonce une suite où le duo Éric Bana / Edgar Ramirez affronte des démons. Ça m’ira ! Mais à une seule condition : ils pourront invoquer le plus grand super-héros de tous les temps : NINJESUS !

 

NinjesusAu nom de mon père, MAWASHI GERI DANS TA FACE !

 

Petit coup de gueule contre WordPress pour finir : la version 4.0 est une belle régression … il va falloir remédier à ça et vite les mecs ! Écrire cet article fut vraiment désagréable !

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2 commentaires sur “Review : Délivre-nous du mal

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