October of Horror – #12 : The Grudge

Tout comme il y a une semaine j’avais consacré 3 jours de l’October of Horror sur le thème du zombie, les 3 prochains jours auront eux aussi un thème particulier ! Cette fois-ci on s’éloigne un petit peu des zombies fans de chair humaine pour se concentrer sur un type de film tout à fait particulier : le remake américain de films d’horreur japonais. Pourquoi ne pas parler du film original japonais ? Les enfants, si vous vous intéressez un tout petit peu au genre de l’horreur au cinéma, un constat arrivera très vite dans vos esprits : les films d’horreur japonais sont dans le haut du panier. Je ne parle pas des torture porn ignobles qu’ils font aussi, mais bien des classiques de l’horreur, avec notamment un talent fou sur tout ce qui touche aux fantômes. Avec une culture aussi riche que la leur dans le sujet, rien de moins étonnant.

Donc vous faire plusieurs articles d’un millier de mots environ qui vous dit de regarder des classiques du genre ? Aucun intérêt ! C’est une évidence que vous devriez le faire, car ils valent réellement le coup d’oeil. J’ai donc décidé de parler du sujet avec un autre angle : en passant par les remakes américains. Pas besoin d’être un génie pour savoir que d’un point de vue purement culturel, les États-Unis et le Japon, c’est un peu le jour et la nuit. Donc quand on veut essayer de transposer un film fait pour le public asiatique pour un public américain, c’est souvent un exercice casse gueule. Je ne dirais pas que c’est aussi un exercice qui n’a absolument aucun intérêt parce que du coup, autant regarder les originaux japonais, même si c’est le cas de 90% des remakes (pas seulement dans l’horreur d’ailleurs, le remake d’Old Boy par Spike Lee récemment ? Mon dieu que ce film était inutile). Autant essayer de voir ce qui est bien amené dans ces remakes, et ce qui est raté dans ces remakes. Car c’est très souvent mi-figue, mi-raisin. C’est ce qui rend le tout un poil plus intéressant quand on y pense.

Aujourd’hui, nous allons commencer avec le remake du film d’horreur japonais Ju-on, traduit en The Grudge et avec en tête d’affiche la plus célèbre des tueuses de vampires, Sarah Michelle Gellar. C’est parti !

The Grudge

De quoi nous parle ce gentil The Grudge alors ? Eh bien nous suivons une jeune américaine (Sarah Michelle Gellar, que j’appellerais Buffy dans le reste de l’article, parce que c’est quand même vachement plus court tout en étant évocateur) qui a récemment déménagé au Japon pour suivre son copain qui y suivait ses études. Elle y continue elle-même ses études mais est envoyé par son employeur dans une vieille maison pour s’occuper d’une personne âgée atteinte de sénilité. La maison semble normale aux premiers abords, mais des événements étranges s’y passent. Très vite, la logique disparait et laisse place à une évidence : la maison est hantée, et tout ceux qui en approchent se font tuer. C’est donc à Buffy (vous voyez ? C’est quand même plus rapide à lire et à écrire …) d’essayer de comprendre l’origine de tous les meurtres qui semble lié à la disparition d’une famille il y a plusieurs années.

Autant vous l’avouer tout de suite : j’aime bien The Grudge. Est-ce que c’est le film du siècle ? Non, certainement pas. Mais est-ce qu’il est efficace ? Ça, c’est certain ! Et c’est parce que selon moi, ce remake a fait les choses de la bonne manière : en conservant l’ambiance originale.

Il faut savoir que le réalisateur de The Grudge n’est autre que le réalisateur des films originaux japonais (je dis bien des, parce qu’aujourd’hui Ju-on est devenue une vraie saga !) Takashi Shimizu. Quand on y pense, c’est très malin. Qui de mieux que le réalisateur d’origine pour adapter son oeuvre ? On peut penser que ça limite l’intérêt du remake en lui-même si nous avons vu le film original. Et c’est vrai, avoir la même personne derrière la caméra peut nous laisser penser que le résultat final sera si peu éloigné de son premier film que ça en est un copier / coller ridicule. Je pense notamment au remake de Psychose sorti en 1998 qui était quasiment au plan près une copie totale du classique d’Alfred Hitchcock (quel intérêt sérieusement …).

Mais ici, ce n’est pas le cas. Évidemment, le remake garde la colonne vertébrale du film original, mais en y insufflant une vision suffisamment différente pour que le film soit adapté à tous. Rien que ça montre que Takashi Shimizu est un réalisateur talentueux. Reprendre sa propre saga en la changeant sans ressembler à un gros copier / coller ? Ça ne doit pas être simple. La chose qui pour moi marque bien la différence est dans le casting, composé majoritairement par des acteurs américains. Le lieu lui ne change pas, nous sommes toujours au Japon. Et ça amène une ambiance de décalage constant entre les personnages qui se retrouvent immergés dans cette culture qui leur est totalement nouvelle, et les lieux qui sont justement le reflet de cette culture. On le voit par exemple quand Buffy demande son chemin aux passants, ou quand un autre personnage arrive en courant après avoir vu un fantôme et qui crie en anglais aux surveillants japonais qui ne comprennent pas un mot au début avant qu’elle ne réexplique la situation en japonais … C’est plein de petits détails comme ça qui font toute la différence, et ça rajoute un petit quelque chose à l’ambiance générale du film.

Nous sommes plus impliqués avec Buffy dans ce qu’il se passe. Le suspense du film sur l’origine de tout ça est donc plus efficace car on a réellement envie d’apprendre ce qu’il se passe, tout comme l’héroïne. Bon je ne vous donne pas les détails mais ça parle meurtres et suicides, donc forcément si des fantômes naissent de ces événements, ils ne seront certainement pas amicaux. Je dis bien des car nous avons 2 fantômes dans ce film : celui d’un tout jeune garçon qui semble adorer faire des cris étranges et piéger les gens … Et le fantôme d’une femme adulte qui fait tout de suite plus flipper. Car oui, ce film a de vrais moments de tension. Il y a quelques jump-scares ici et là, mais le coeur du film n’est pas là. Nous sommes vraiment dans un film qui construit son ambiance tout du long jusqu’à la fin où tout part en vrille. The Grudge est foutrement efficace dans sa construction. Mais pas de panique les amis, vous aurez quelques moments bien flippants tout du long, histoire de maintenir l’attention du spectateur sur le film.

Je pense notamment à 2 scènes que j’ai trouvé particulièrement efficaces : toute la séquence dans l’immeuble avec la fille de la vieille femme sénile vivant dans la maison. Que ça soit la scène où elle est dans l’ascenseur les yeux fermées, pensant que tout va bien alors que nous, les spectateurs, voyons le petit garçon la regarder à chaque étage (sincèrement, au début j’ai cru que c’était simplement une scène qui était mal passée sur mon film, mais non ça arrive à tous les étages ce qui rendait le tout visuellement prenant). Le tout se termine dans le mythique lit, symbole de protection pour les enfants qui pensent que les monstres ne peuvent les atteindre sous la couette. Eh bien les enfants, dans The Grudge, ça ne se passe pas comme ça, et quand ça arrive, j’étais moi-même sous tension. Sans doute la scène la plus forte du film. Une autre scène qui vaut selon moi le coup d’oeil est vers la fin avec la fantôme qui descend en rampant les escaliers. La façon dont le tout est filmé, les mouvements de la femme … Franchement, rien à dire : c’est comme ça qu’on fait un vrai film d’horreur. Pas besoin de me foutre des décapitations où des tripes qui volent à l’écran, le visuel n’a pas de force sans l’ambiance, et ici l’ambiance est vraiment bien travaillée.

Bref, The Grudge ? Un bon remake qui n’a pas à rougir du film original. Quelques bonnes scènes ici et là et une ambiance générale bien travaillée ont fait de ce film une agréable expérience. Et je vous dis ça non pas avec mes anciens souvenirs, puisque j’ai vu The Grudge pour la première fois il y a moins d’une semaine. A l’heure actuelle, je n’ai pas vu les 2 suites de ce remake donc je ne saurais pas vous dire si ils valent également le coup. Je dirais que The Grudge 2 a sans doute un intérêt puisque le réalisateur est encore une fois le même qui a décidé cette fois de faire les choses différemment puisque le film se détache complètement de Ju-on 2. Pour The Grudge 3 j’ai légèrement plus de doutes. C’est un film qui est directement sorti en DVD donc bon … Je n’aime pas être celui qui juge sans avoir vu, mais ce n’est quand même jamais bon signe.

Si vous avez uniquement vu Ju-on, jetez un oeil sur The Grudge vous pourriez tout de même apprécier le film. Personnellement c’est le cas. Mais l’inverse est également vrai : si vous avez uniquement vu The Grudge, jetez un oeil sur Ju-on les amis, le film vaut véritablement le coup. Bref, un remake américain qui ne détruit pas totalement l’original ? C’est rare ! Suffisamment rare pour que je vous annonce en avance que les 2 prochains remakes dont je parlerais demain et après-demain ne seront pas de cette catégorie … Car parler de ce qui est bien fait avec ces remakes, c’est cool. Mais il faut aussi parler de ce que ces remakes foirent parfois totalement.

Est-ce que c’est le moment parfait pour vous dire qu’enfant, je croyais que le genre musical de Nirvana s’écrivait Grudge et non pas Grunge ? Heureusement qu’il n’y avait pas les réseaux sociaux à cette époque, je serais vraiment passé pour un con … Alors qu’aujourd’hui je n’ai pas besoin de ça pour passer pour un con. Et ça, c’est quand même cool.


Du coup, pas d’indice sur le film de demain, je vous en ai déjà beaucoup donné durant l’article et puis au pire, un peu de patience que diable ! J’espère que vous appréciez toujours cette rétrospective, personnellement je suis toujours aussi motivé pour arriver au bout ! Comme un marathon, c’est sur le long terme que je dois penser. D’ici là, si vous souhaitez vous tenir au courant des différentes sorties d’articles sur le site, ou même tout simplement montrer votre soutien à celui qui écrit tous ces articles depuis quelques années maintenant (c’est moi, enchanté !), il y a une belle page Facebook qui est là pour ça !

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1 commentaire sur “October of Horror – #12 : The Grudge

  1. Perso the grudge est pour moi un traumatisme d’enfance, quand juste apres avoir vu le film ta pote te plonge l’appart dans le noir et imite le doux et particulier son de grincement de planche de madame j’ai trop de fond de teint sur la tronche c’est jamais un bon souvenir xD

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