October of Horror – #11 : Saw IV

Est-il encore nécessaire de rappeler que plus jamais la saga Saw n’atteindra le niveau du premier film ? Plus vraiment. On avait des doutes avec Saw II, puis le 3ème nous a confirmé que la saga avait trouvé son rythme de croisière. Malheureusement, c’était le rythme de la médiocrité. Un film par an qui sort pour Halloween, qui nous balance plein de gore à l’écran mais ne fait plus peur du tout, ni même ne crée de tension … Bref, Saw devient notre bonne vieille boucherie annuelle, permettant aux adolescents de gueuler au cinéma comme de gros abrutis ensemble, ce qui les réunit jusqu’à former une seule entité de connerie.

Blague à part, je ne savais pas qu’il y avait un Saw IV à l’époque. Pour moi, le 3ème en avait terminé avec la saga, puisque le tueur principal Jigsaw était décédé. Et pourtant, un 4ème film pointe le bout de son nez. Je ne savais rien sur ce film quand je l’ai vu pour la première fois, est-ce que ça serait une precquel ? Ou autre chose ? C’était le mystère total. Mais une chose est sûre, j’y allais sans aucun espoir. Et même en ne m’attendant à rien du tout, Saw IV a réussi l’exploit de me décevoir. Génial.

 

Saw IV

Alors que l’on croyait que toute cette histoire était terminée avec la mort de Jigsaw, son autopsie a révélé qu’il avait une cassette en lui, une cassette révélant qu’un autre jeu était en cours. Avec plusieurs agents toujours disparus après avoir enquêté sur Jigsaw et Amanda, plusieurs doutes se lèvent : il existerait peut-être un second disciple qui opérait dans l’ombre. L’agent spécial Rigg est hanté par les disparitions des agents Matthews (à la fin de Saw II, et que l’on voit dans la scène d’introduction de Saw III) et Kerry (Saw III, tuée par un des pièges d’Amanda, qui était donc un piège dont il était impossible de s’échapper) et se retrouve à son tour au milieu d’une série de jeux. Il a 90 minutes pour effectuer une série de tests pour retrouver l’agent Matthews, toujours en vie.

Je vous le dis tout de suite : l’histoire est le point qui selon moi fait de Saw IV le pire épisode de la saga, et ce de très loin. Le coup du second disciple qui opère dans l’ombre depuis le début de la saga ? Vraiment ?! On tombe dans un rebondissement aussi évident et peu inventif que celui-ci ? Mon dieu quoi ! Faire des suites n’était déjà pas très utile, étant donné le concept de l’univers du film, mais Saw II et Saw III essayaient quelques idées ici et là. Saw IV ? On essaye plus rien, on essaye juste de couvrir un maximum le fait qu’ils n’ont plus aucun scénario et qu’ils vont se contenter de nous balancer de la bidoche à l’écran.

Je suis maniaque personnellement donc quand j’ai commencé une saga, j’aime bien suivre toute son évolution, même si les films ne me plaisent pas. C’est une habitude, quand j’ai vu le début d’une saga, je veux voir sa continuation. C’est ce genre de pensées qui m’a fait aller au cinéma pour voir Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal et d’assister à la longue agonie qu’était cet appel à l’aide du personnage d’Indiana Jones pour mettre fin à ses jours.

Saw IV fait au moins une chose que les autres opus n’ont pas fait : nous dire un peu ce qui est arrivé aux personnages des précédents films. Le docteur de Saw premier du nom ? Aucune nouvelle ! Le fils de Matthews à la fin de Saw II quand il était avec Amanda et Jigsaw ? Il est peut-être allé à l’université ou peut-être est-il chômeur … Peu importe, je voulais juste savoir ce qui lui arrivait ! J’aime quand une saga essaye de garder un minimum de consistance. Et ce n’est pas avec Saw que j’ai cette consistance. Mais bref, au moins avec Saw IV, on voit que l’agent Matthews est encore en vie, mais plutôt mal au point : à la fin des 90 minutes d’épreuves de Rigg, deux blocs de glace vont tomber et lui écraser la tête. Ce qui est quand même moyen il faut le reconnaître. On abandonne le changement de formule avec Saw IV, il reprend le même système que pour Saw III avec pour subtilité de se passer en extérieur pour la plupart des épreuves. On se retrouvera dans un hôtel, chez Rigg etc… Rigg va bouger un peu à travers la ville, tout ne se passe pas dans un seul et unique bâtiment, comme dans les opus précédents.

Parlons des pièges d’ailleurs, le pire piège de la saga a lieu dans cet opus : la machine qui tire les cheveux très fort. Ok, ça fait sans doute très mal, mais bon sang quand toute la scène concernant ce piège avait lieu, j’avais le sourire aux lèvres. On ne pouvait pas trouver une idée de piège un peu mieux foutue qu’une chaise qui tire les cheveux fort ?! Un effort bon sang ! Saw n’est plus qu’une vague de pièges dont le résultat sera une scène gore, faites au moins un effort pour ces scènes !

A côté, on a quand même un point que j’ai apprécié dans le film : les flashbacks sur la vie de John Kramer, aka Jigsaw. Le tout nous montre les origines de la psychologie du personnage, toute l’idée comme quoi la vie est si importante que pour lui ceux qui ne chérissent pas la vie méritent d’être piégés. C’est très cliché, mais au moins les scénaristes se sont fait chier à nous proposer quelques retours sur son passé, et ce n’est pas trop mal. On voit par exemple le tout premier piège que John prépare pour le mec qui a tué son futur enfant, qui était encore dans le ventre de sa femme. Cela nous permet aussi de voir que depuis ce premier piège jusqu’à ses pièges dans la saga principale de Saw, le mec s’est quand même pas mal amélioré dans ses bricolages. Bob le bricoleur ? Rentre chez toi, laisse les professionnels faire le boulot !

Seulement, ce n’est qu’une petite partie du film. Le reste n’est qu’une longue série d’épreuves qui amène à deux révélations finales : l’identité du second disciple de Jigsaw, et une autre révélation qui est originale mais qui n’a aucun impact sur la saga contrairement aux autres fins … En gros, le second disciple est Hoffman, un mec qu’on a vu dans 2-3 scènes. SU-PER. Franchement, est-ce que ça n’aurait pas été le moment parfait pour ressortir le docteur Gordon du placard pour en faire le second disciple ?! Là on aurait eu un twist vraiment surprenant, et surtout une fin qui aurait relancé l’intérêt des fans pour les autres suites. Car forcément, avec l’arrivée de Saw IV, c’était le moment parfait pour les scénaristes de dire qu’ils ont écrit en même temps les scénarios de Saw V et Saw VI … Parce qu’ils étaient vraiment super compliqués à écrire … Bref, je voulais le docteur Gordon et on me file un personnage qu’on a vu 2 fois à tout casser et dont on se branle totalement. Jolie moyen de me sortir l’idée du second disciple qui était déjà une idée de merde à la base, et de réussir à la rendre inintéressante en nous sortant un personnage dont on se fout.

Le second twist ? Saw IV se déroule en même temps que Saw III. Voilà. C’est original, mais ça n’a pas vraiment d’intérêt.

Du coup, que retenir de Saw IV ? A part les flashbacks sur John Kramer, pas grand chose. La première scène du film (qui avec le twist nous montre qu’elle se passe après les événements de Saw IV, même si la scène est dans Saw IV, vous suivez toujours ?) est visuellement très impressionnante : l’autopsie de John Kramer. Bon, pour les végétariens, ça pourrait vous conforter dans votre position. Mais pour les autres, visuellement c’est impressionnant. Surtout que le tout se fait dans le calme, la fin du tueur Jigsaw qui se retrouve sur une table froide. Bref, ça te met tout de suite dans le bain !

Malheureusement, à part la scène d’intro et les flashbacks, le twist sur l’identité du disciple est ennuyeux et décevant, les personnages qui subissent les pièges n’ont aucun développement donc rien à carrer. Les pièges étaient tout aussi ennuyeux d’ailleurs ! L’agent Matthews se retrouve le crâne explosé … La seule chose à en dire ? Donnie Wahlberg est bien moins talentueux que son frère Mark. Et Hoffman qui devient le tueur principal de la saga ? Génial, Tobin Bell puait le charisme, ça va être dur pour monsieur lambda de sortir de son ombre. Vivement Saw V ? … Non, là non. C’est fini, mon intérêt pour la saga Saw atteint son niveau 0 avec ce Saw IV.


Bon, on a fait plus de la moitié de la saga Saw ! Et on a en même temps franchi le premier tiers de cet October of Horror ! C’est quand même pas mal tout ça ! J’espère que ce premier tiers vous a plu, et surtout que les 20 films à traiter restants vous plairont également. Cette expérience est en tout cas pour moi un vrai défi, mais est vraiment intéressant. Si vous avez un avis à donner, ou que vous voulez simplement parler cinéma avec la communauté, n’hésitez pas à rejoindre la page Facebook du site (ICI). Et on se retrouve demain pour un tout autre type d’horreur que ceux que j’ai traité jusqu’à présent ! Là, on va taper dans les fantômes !

Vous avez aimé ? Pourquoi ne pas partager ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.