October of Horror – #06 : Resident Evil Retribution

Hier, quand je vous parlais de L’Armée des morts et du fait que j’apprécie énormément que les codes du zombie aient été modifiés pour ce film, je le pensais vraiment. Cependant, comme le dit l’expression, « il ne faut pas pousser mémé dans les orties ». Que des zombies courent ? Ok, ça me va. Qu’ils aient des armes à feu, qu’ils conduisent des motos, qu’ils soient organisés comme une armée et que certains d’entre eux aient des bouches très étranges qui s’ouvrent comme des facehuggers de la saga Alien ? …

NOPE ! NOPE NOPE NOPE ! NOPE NOPE !! NOPE !

Bref, aujourd’hui on va continuer de parler zombies, mais dans un tout autre registre. C’est l’heure de causer de Resident Evil Retribution.

 

Resident Evil Retribution

Résumer le scénario de ce cinquième opus ne va pas être facile si je ne vous résume pas toute la saga. Donc si vous n’avez pas vu les opus précédents, voici ce que raconte la saga Resident Evil au cinéma :

Resident Evil : L’héroïne est Alice, elle se réveille à poil dans une douche. Elle est dans un gros manoir, et elle n’a aucuns souvenirs de son identité. Une équipe d’élite entre par effraction et l’amène avec elle dans les sous-sols du manoir. Le manoir en question n’est en effet qu’une couverture qui cache The Hive (pas le groupe de musique, un autre), un immense laboratoire souterrain géré par la société Umbrella Corporation qui fait des expériences dans le domaine de la biologie moléculaire. Ils ont crée le virus T qui transforme les humains en zombie. Manque de bol, le virus s’est échappé et tout le personnel du laboratoire est maintenant une belle armée de zombies affamés. Blablabla, de l’action, blablabla Alice devient badass par on ne sait quel tour de magie, blablabla le virus s’échappe dans la ville de Raccoon City, elle prend un fusil et commence à chasser du zombie. Parce que.

Resident Evil Apocalypse : C’est la merde à Raccoon City, on a plein de zombies dans la ville. On y croise des nouveaux personnages, aucun n’a de réel intérêt, mais ils ont les noms des personnages du jeu vidéo donc on fait semblant d’avoir de l’intérêt pour eux. Alice est devenu très puissante car elle a été infectée par le virus T mais d’une façon unique : elle ne devient pas un zombie, mais une surhumaine qui donne des coups de tatane avec beaucoup de facilité. La ville est détruite par un missile, la vérité est cachée aux yeux du monde : tout va bien dans le meilleur des mondes. Alice était dans un complexe d’Umbrella, elle a maintenant des pouvoirs télékinésiques. Parce que.

Resident Evil Extinction : Tout ne va pas bien dans le meilleur des mondes, au contraire c’est la merde. On est plusieurs mois plus tard et le monde est devenu un énorme désert infesté de zombies. On en a plein, mais malgré le bordel, Umbrella continue ses expériences pour essayer de domestiquer le zombie. Évidemment, ça ne marche pas parce que c’est une idée de merde. Alice tue des méchants, elle a non seulement des pouvoirs de télékinésie mais aussi plein de clones d’elle maintenant et veut se servir de cette armée pour détruire définitivement Umbrella Corporation … Parce que.

Resident Evil Afterlife : Le monde n’est plus un désert là où Alice est, à savoir au Japon. Mais c’est quand même la merde avec toujours autant de zombies. Elle tombe sur un groupe de survivants qui se terrent dans une prison, dont le mec qui est dans Prison Break, parce que c’est une blague très drôle. Ils se barrent, ils vont combattre le chef d’Umbrella qui s’appelle Albert Wesker et qui est un blond démoniaque qui a des yeux rouges et qui aime s’habiller comme Néo dans Matrix. Ils se battent, il a des pouvoir mais Alice aussi. Alice n’a plus de pouvoirs ni ses clones mais fait quand même des choses complètement inhumaines. Tout le petit groupe est sur un bateau, et des avions d’Umbrella viennent les attaquer à la toute fin, même si le patron Albert Wesker est mort. Parce que.

On se retrouve donc désormais durant les événements du cinquième film. Qu’est-ce que nous raconte Resident Evil Retribution ? Eh bien les avions avec les gens d’Umbrella ils ont tué plein de monde, Alice elle est kidnappée par Umbrella encore une fois. Elle est dans un centre qui continue de faire des tests sur le virus, ce qui fait qu’on a énormément de zombies dans le lieu où elle se trouve. Un groupe s’est infiltré dans l’enceinte pour libérer Alice tandis qu’elle essaye également de s’en échapper. Albert Wesker est en vie, parce que. Mais bizarrement c’est lui qui essaye de la faire s’en sortir. Il se passe plein de trucs, elle s’en sort et voit que le monde est devenu encore plus merdique : toute l’humanité restante est dans la maison blanche (parce que) qui est assiégée par tout le reste de la planète, qui n’est devenu qu’une immense armée de zombies et autres joyeusetés du genre.

Vous l’avez compris, la saga Resident Evil, c’est vraiment du bon gros n’importe quoi des familles. Rien ne tient debout, rien n’a de sens. Les personnages n’ont aucune personnalité, Alice non plus … Bref, Resident Evil, ça cartonne au cinéma, et j’avoue ne pas bien comprendre pourquoi. Que les gens aillent voir ce film parce qu’il est involontairement drôle tant il est stupide, je veux bien. Je le fais moi-même après tout. Mais il ne peut pas y avoir autant de personnes qui aillent voir ce film pour cette raison. Et là, je comprends beaucoup moins.

Je n’en veux pas à Paul W.S. Anderson (Paulo !) pour la saga qu’il a créée. Elle n’est certainement pas bonne, mais il fait son métier et les gens vont voir ses films, donc pourquoi ferait-il des efforts pour s’améliorer ? Il continue dans son style, peu importe à quel point les films qu’il nous offre sont affreux. Mais la raison pour laquelle j’ai décidé de parler du 5ème film et pas d’un autre opus de la saga, c’est parce que dans le cinquième film en question, Paulo a vraiment redoublé ses efforts pour nous refiler un affreux film. L’Armée des morts est selon moi l’un des meilleurs films de zombie du 21ème siècle ? Eh bien Resident Evil Retribution est son exact opposé, car il s’agit sans doute de l’un des pires films du genre du 21ème siècle, voire de tous les temps.

Comme je l’ai dit dans l’introduction de l’article, les zombies maintenant ne sont même plus une réelle menace. On a beau leur donner des armes à feu et des tronçonneuses, on a beau leur donner des véhicules à conduire, l’organisation d’une armée : on en a rien à foutre des zombies dans ce film. Et sur un film dont le sujet principal est l’invasion des zombies sur Terre, c’est quand même super fâcheux. Paulo essaye de faire plaisir aux fans du jeu vidéo sans se soucier des autres spectateurs. On a donc droit à plein de personnages issus de la saga des jeux qui sont là, mais qui n’ont tellement pas de personnalité qu’à part avoir le même nom que les personnages des jeux vidéos, ils n’ont strictement aucune utilité. C’est pareil pour les créatures : on mélange les créatures issues de tous les jeux, et on te ressort tout comme dans un mauvais fast-food qui propose 200 menus en un seul. On a des zombies ? C’est cool. Par contre on a également Las Plagas, qui est une autre créature. D’où sort le virus de Las Plagas dans le film ? Nulle part justement … On a un personnage qui a le virus, tout le monde connait l’existence de cet autre virus en plus, sans aucune explication. Il faut juste accepter qu’il y a un autre virus et que tout le monde est au courant.

Pourquoi piquer dans les jeux vidéos Resident Evil quand tu peux également piquer dans les autres jeux vidéos, même si ils n’ont aucun rapport avec des zombies ? Paulo s’est posé la question justement, et s’est dit que ça serait une bonne idée. On a donc aussi des scènes qui sont directement reprises de Mortal Kombat. Pourquoi ? … Eh bien mes amis, comme dans tout le reste de la saga Resident Evil : simplement parce que. Il faut se contenter d’accepter ce qu’il se passe devant notre écran, peu importe à quel point ça n’a aucun sens. Et Paulo, il adore faire ça. La preuve : son film est littéralement un jeu vidéo. On a différents niveaux, et le groupe bouge de lieu en lieu. On a des demi-boss et des boss. On a le boss final puis la cinématique de fin. Resident Evil Retribution n’est pas un film. C’est juste un jeu vidéo que l’on doit suivre sans pouvoir jouer. Seulement, un jeu n’est pas un film. Les codes ne sont absolument pas les mêmes … Mais non, ici on a du rien. Du rien pendant 1h35, des personnages qui bougent d’un point A à un point B. On a des poursuites de bagnoles ou des scènes de combat, avec plein de zombies qui ont des armes mais qui ne s’en servent pas … Ou des clones d’anciens personnages de la saga, parce qu’on les a tellement aimé qu’on ne voulait qu’une chose : les revoir dans un rôle de clone d’eux-mêmes.

Alice n’a plus de pouvoirs mais est parfaitement capable de faire des choses humainement impossibles. Est-ce que l’on voit des différences entre Alice sans ses pouvoirs et Alice avec ses pouvoirs ? Non. C’est pareil. Du coup, pourquoi essayer d’en faire un enjeu ? Aucune idée. Il faut demander à Paulo, c’est lui le génie derrière cette oeuvre parfaitement imbitable. Sans doute de l’abstrait. Resident Evil Retribution est peut-être une démonstration artistique qui existe pour dénoncer quelque chose.

En tout cas, ce qu’il dénonce pour moi, c’est que Paul W.S. Anderson n’a aucun talent pour la réalisation. Et je vois venir les pensées de certaines personnes parmi vous avec la fameuse remarque : « Eh bien tu n’as qu’a essayer toi, puisque tu sembles mieux que lui ! ». Je vous répondrais ceci : non. Car je sais que je n’aurais pas de talent pour la réalisation. Mais en comparaison, j’ai la décence de le savoir et du coup de ne pas infliger mes réalisations aux yeux du monde. Paulo, lui il s’en fout. La preuve : il travaille actuellement sur le sixième Resident Evil, voulu comme étant la conclusion de la saga. Yeaaaaaahhhhhhhhhhh.

Bref, pour en finir une fois pour toute : Resident Evil Retribution ? Ce film est le degré 0 du genre du zombie. C’est un mélange entre de l’action, de l’horreur (oui, parce que c’est un film estampillé horreur, sinon il ne serait pas dans notre mois rétrospectif voyons !) et de la science-fiction mais rate totalement à n’être ne serait-ce qu’un film. Si vous avez énormément de second degré et que vous êtes amateurs de nanars ? Là, foncez, ce film est fait pour vous. Les autres ? Franchement, ne vous infligez pas ça. Regardez n’importe quel autre film de zombies à la place de celui-ci. Un ami vous propose de regarder ce film sans en faire un jeu d’alcool ou une soirée à thème avec d’autres films nanardesques qui attendent derrière ? Ne soyez plus ami avec cette personne.


Oui, bon … Même si j’adore le genre du film de zombies, il faut rester un minimum objectif quand nous sommes face à de la médiocrité non ? Et puis parler uniquement des films que l’on aime, ça peut devenir rapidement ennuyeux. Donc nous aurons quelques petits bijoux de médiocrité durant notre bel October of Horror. Si vous voulez vous tenir au courant des différentes sorties d’articles au sein de mon humble antre, la page Facebook du site est faite pour toi ! D’ici là, portez-vous bien ! Demain nous parlerons encore de zombies ! … Pardon, « d’infectés ».

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