[Netflix & Chili] Marvel’s The Punisher – Saison 1

Dire que les débuts de Jon Bernthal dans le rôle de Frank Castle furent remarqués est un euphémisme. Le personnage du Punisher était clairement l’un des gros points forts retenus de la seconde saison de Daredevil. Forcément, vu son arc narratif, des discussions sur une série lui étant consacrée étaient dans toutes les conversations sur la toile. Il était donc logique d’un point de vue business pour Marvel d’annoncer une nouvelle série sur Netflix mettant Frank Castle au centre de toutes les attentions.

Et même si la relation entre Netflix et Disney est pour le moment bien opaque avec l’arrivée prochaine du nouveau service de streaming que Disney compte lancer, pour le moment nous devrions savourer l’arrivée de nouvelles séries Marvel sur Netflix car de manière générale, la qualité est au rendez-vous. Je dis bien de manière générale, car il est vrai qu’Iron Fist n’était pas bien fou, et The Defenders était sympathique mais décevant quand on sait qu’il s’agissait de l' »Avengers » de Netflix.

Mais dès le jour de l’annonce de la sortie d’une série centrée sur le Punisher, les attentes étaient très présentes. Alors, est-ce que Marvel’s The Punisher tient toutes ses promesses ? Voyons ça ensemble ! Bien entendu, l’article sera sans spoils.

 

 

La série part du principe que vous avez vu la seconde saison de Daredevil donc je vais faire de même. Vous connaissez le principe du personnage, il a perdu sa famille après une histoire de trafic de drogues impliquant l’armée américaine en Afghanistan. Il est devenu violent comme il faut et élimine toutes les personnes impliquées dans cette affaire pour les venger. Son truc est qu’il n’a aucune pitié, il ne croit pas au système et pense qu’un criminel doit juste mourir, qu’il ne mérite pas de seconde chance.

Au départ de la série, Frank pensait en avoir terminé avec sa vengeance et vit une vie plus « classique » même si il continue d’être clairement affecté par la mort de sa famille, vivant toujours aux limites mentalement parlant. Mais son passé va revenir le hanter, le forçant à reprendre les armes pour en finir une fois pour toute avec cette histoire. Il ne sera pas seul cependant, puisqu’il va être aidé par Micro, un informaticien lui aussi impliqué dans cette histoire après avoir envoyé une vidéo de meurtre d’un afghan par l’armée américaine.

 

Bon sang je croyais que Danny Rand ne serait pas prés…
Ah non, non c’est bon c’est un autre personnage hipster. Mea culpa !

 

Parler de The Punisher n’est pas l’exercice le plus simple. Car il faut malheureusement parler de sujets réellement graves qui ont une influence certaine sur le show. Pas besoin de suivre de près l’actualité pour savoir qu’il y a une tuerie massive tous les deux jours aux États-Unis, amenant sans arrêt la question du second amendement, la possession et le contrôle des armes … Bref, tous les sujets bien simples à aborder et qui n’amènent jamais des conversations gênantes.

Vu le climat actuel qui règne aux États-Unis, je trouve qu’il est réellement très intéressant d’avoir une série comme The Punisher qui sorte. La série a des thèmes qui sont lourds mais qui sont tous traités (avec plus ou moins de justesse mais nous y reviendrons) ce qui est important. Nous n’avons pas de sujets évités, la série ne prend jamais la voie de la langue de bois et dit ce qu’elle doit dire. Au-delà de la trame scénaristique, ce sont ces thèmes qui font le sel et tout l’intérêt de ces 13 épisodes.

On nous parle des soldats qui reviennent au pays et qui sont lâchés dans la nature alors qu’ils ont vécu des choses réellement dures, physiquement (représenté par la jambe en moins du personnage de Curtis) mais aussi mentalement (représenté par beaucoup de personnages, mais surtout Frank et Lewis). Mais on nous parle aussi de la possession d’arme, du système judiciaire, du gouvernement … Il y a vraiment une large variété dans les thèmes abordés et j’aime beaucoup ce choix d’ancrer la série dans le plus grand réalisme. Ici, personne n’a des capacités spécifiques. Nous sommes face à un homme qui tue d’autres hommes. Si vous voulez de la spiritualité ou des pouvoirs, The Punisher n’est pas fait pour vous.

 

Au moins 10% de la série est composé de Frank qui s’occupe de ses blessures.
Il s’en prend vraiment plein la tronche durant ces 13 épisodes le bougre.

 

Même si la série est centrée sur Frank et que nous avons quelques personnages provenant d’autres shows qui reviennent (coucou Karen Page !), pas mal de nouvelles têtes arrivent dans cette série et c’est pratiquement une réussite totale. Micro est assez génial comme personnage, avec une vraie personnalité et de vrais objectifs ainsi qu’un véritable arc narratif. L’acteur est bon (dont le nom n’est sans doute pas simple à prononcer, que voici : Ebon Moss-Bachrach) et l’alchimie avec Frank est présente. C’est pareil pour Ben Barnes dans le rôle de Billy Russo, excellent en soldat playboy.

Chaque personnage a un intérêt. Nous n’avons pas quelqu’un qui sert juste à faire la décoration. Après, tous ne sont pas aussi intéressants. C’est un avis purement personnel mais Dinah par exemple, bien qu’intéressante, est un peu moins étoffée que d’autres en terme de personnalité alors qu’elle est dans la distribution principale. J’aurais aimé en voir un peu plus sur son lien avec le fameux crime en Afghanistan qui est le fil rouge de la saison.

 

Quand tu tournes dans The Defenders mais que tu sais que tu tournes après dans The Punisher et dans la troisième saison de Daredevil.

 

Impossible de ne pas parler de la violence. Et celle-ci est on ne peut plus présente. Ceux qui ne sont pas fans d’hémoglobine à l’écran risquent de ne pas supporter la série très longtemps. On tue, on décapite, on torture … Nous avons de tout. Mais l’intérêt dans toute cette violence est également narrative. C’est visuellement marquant et forcément, nous restons accrochés à nos écrans pour voir la suite. Mais je trouve que cela montre également quelque chose sur le personnage de Frank.

The Punisher ne rend jamais la violence « cool », Frank n’est jamais considéré comme un héros. Plusieurs fois on se rend compte que son envie de vengeance dépasse sa logique et lui fait faire des erreurs grossières. La série réussit vraiment à ne pas faire du personnage quelque chose qu’il n’est pas. Le Punisher est un criminel et Jon Bernthal joue le rôle à la perfection. Son intensité silencieuse fonctionne parfaitement. Ce mec est juste génial, je suis un grand fan et j’espère le voir dans le plus de projets possibles.

Alors, est-ce que la série a le moindre défaut ? Pour le moment, effectivement ça sonne le sans fautes. Malheureusement, le tronc du milieu de la série fait un peu l’effet de ventre mou, notamment avec tout l’arc entourant Lewis qui est intéressant mais qui en vient à prendre les devants sur les besoins scénaristiques de la série. Typiquement le moment où les thèmes abordés dépassent la série elle-même. Bref, on aurait pu retirer quelques épisodes mais cet effet est quand même bien moindre que dans beaucoup de séries. Ces 13 épisodes sont tout de même bien remplis mais surtout se regardent facilement.

La première saison de Marvel’s The Punisher est pour moi une vraie réussite. L’histoire, les personnages et les thèmes sont vraiment bons. Il s’agit sans doute d’une des meilleures productions de la part de Marvel sur Netflix. Une saison 2 est risquée mais je ne peux m’empêcher d’avoir plus de Frank Castle alors je croise les doigts pour une bonne audience ! Sa solitude et sa souffrance sont malheureusement passionnants à suivre. Et le voir plonger de plus en plus dans les ténèbres et la violence est quelque chose que je souhaite de manière étrange. Chapeau Jon Bernthal, vous êtes clairement LE Punisher.

 

Cool guys don’t look at explosions !

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