Hellfest 2014 – Premier jour

Ah le Hellfest… Attendu comme le Saint Graal toute l’année, et puis ça passe tellement vite… En plus c’est mon troisième, je devrais être habitué à ça. Mais cette année était vraiment particulière : jamais je n’avais eu mon billet aussi tôt (octobre), jamais les 3 têtes d’affiche n’avaient été aussi grosses (Iron Maiden, Aerosmith et Black Sabbath), jamais le festival n’avait fait autant d’entrée (ce ne sont pas moins de quelques 150 000 festivaliers qui ont foulé le poussiéreux sol clissonnais), jamais la météo n’a été aussi clémente. Et puis, première pour moi, je n’ai pas pu être présent dès le jeudi pour le montage des tentes, les premières courses au Leclerc, les premiers concerts sous le Metal Corner, la scène du camping. La faute à des rattrapages se déroulant la semaine du 16 au 20 juin. Mais bon, il en faut plus pour m’arrêter. C’est donc après un voyage en train qui s’est bien déroulé, malgré la grève SNCF, que j’arrive à Clisson, vendredi 20 juin aux alentours de 17h30. Le temps de poser les affaires sous la tente, et me voilà déjà parti avec mes acolytes. Et donc voilà le live report de la courte journée du vendredi !!!

 

Alléluia !!!
Alléluia !!!

 

Bien, faisons un point sur les groupes malheureusement loupé du début de journée : Angelus Apatrida, Satan, Toxic Holocaust ou encore M.O.D.. En grand fan de thrash, ça me désole un peu. Mais j’aurais l’occasion de me rattraper !

 

Le décor western prend tout son sens cette année
Le décor western prend tout son sens cette année

 

Le premier concert auquel j’assiste est celui de Trivium. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont peu changé depuis le Hellfest 2012, où j’avais pu les voir. Ils pratiquent toujours un metalcore assez musclé, où les parties instrumentales envoient le pâté. Mais bon, comme tout bon groupe de metalcore qui se respecte, ils se sentent obligés d’alterner les parties chant clair/chant en growl. Philosophie à laquelle j’ai du mal à accrocher, parce que ça fait un peu : « on est des metalleux, des mec virils, qui balancent de la grosse gratte et des blasts, mais tu vois on a aussi notre sensibilité derrière notre mèche et nos tatouages ». Bon chez Trivium l’ensemble passe plutôt bien quand même, ce qui ne sera malheureusement pas le cas chez d’autres groupes ce week-end… Et donc je propose le point metalcore, qui est comme un point Godwin : il s’agit d’évaluer à quel moment du live report du Hellfest je tape sur les groupes de metalcore. L’année dernière il avait été atteint le samedi. Et bien je fais fort dis donc ! Premier concert, point metalcore ! À quand le suivant? Et du coup, plus besoin de faire les chroniques des concerts des groupes de metalcore, il me suffira d’écrire « Point metalcore » et ce sera bon. Bien, à la ligne, concert suivant.

 

Qui ne connaît pas Rob Zombie? Je vous invite dès maintenant à aller fouiller sur les archives de ce site pour les chroniques sur ses films. Car oui, pour les ignorants, Rob Zombie est un chanteur de metal et un réalisateur. Bon, d’abord un chanteur de metal, puisqu’il officie depuis 1985 environ, dans le groupe White Zombie, puis en solo, et notamment avec son dernier album en date, « Venomous Rat Regeneration Vendor », sorti l’année dernière, qu’il vient défendre sur la Mainstage 1 du Hellfest. Enfin, défendre est un bien grand mot, puisqu’il n’y aura qu’un seul titre, Dead City Radio And The New Gods Of Supertown. Sur un créneau d’une heure, le chanteur américain préfère donner un best of de sa carrière, avec Dragula, Superbeast, Living Dead Girl, Never Gonna Stop ou encore House Of 1000 Corpses. Mais là où Rob Zombie a bien compris le fonctionnement des festivals, c’est qu’à moins d’être un groupe très connu et/ou à la discographie très remplie, il faut faire des reprises connues histoire que le public suive, surtout à une heure où le site commence à être bien rempli. Et donc on aura le droit à Am I Evil, de Diamond Head, Enter Sandman de Metallica et School’s Out d’Alice Cooper, certes dans des versions raccourcies. Mais bon le public bouge bien, c’est l’essentiel. Quelques points noirs quand même, notamment le réglage de la guitare de John 5, bien trop saturée, du coup les notes claires sont désagréables à entendre ; ou encore les soli de batterie et de guitare, inutiles. Mais bon, c’est noyé dans la durée du concert, qui ma foi était de bonne, voire très bonne qualité, plaisant à voir et à écouter. Et c’est bien là l’essentiel !

Le pont entre le metal et le cinéma
Le pont entre le metal et le cinéma

 

Pas le temps de souffler, on bascule sur la Mainstage 2 pour le concert des Brésiliens de Sepultura. Ils ont moins de temps de jeu, ce qui ne les empêche pas de proposer trois titres de leur dernier album « The Mediator Between Head And Hands Must Be The Heart », référence bien sûr au célèbre film « Metropolis » de Fritz Lang. Ils commencent à être coutumiers du fait, un de leurs albums s’appelant « A-Lex », référence à « Orange Mécanique ». Par contre, niveau musique, le résultat est plus… mitigé. Dommage, c’est un groupe que j’aime beaucoup, mais dont le style a malheureusement glissé d’un thrash/death de très haute qualité pour une sorte de grindcore. En studio j’aime, en live c’est plus compliqué, les chansons ayant tendance à trop se ressembler. Et en plus, les vieilles chansons (Dusted, Refuse/Resist, Arise ou encore Roots Bloody Roots) ont été passées aussi dans la moulinette, et sont largement trop sous-accordées. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs. Peut-être la faute à Derrick Green, le chanteur, énorme scéniquement, mais incapable d’assurer les notes hautes. Ou alors à Andreas Kisser, unique guitariste, alors que le groupe originel en comptait deux, lui et Max Cavalera bien sûr. En tous cas, les pogos se déchaînent devant la Mainstage 2, autant que Eloy Casagrande, jeune recrue que l’on retrouve à la batterie, et qui enchaîne les blasts, les breaks et les parties de double pédale avec une facilité déconcertante. C’est tout simplement un monstre de maîtrise. Enfin, parlons setlist : où sont passés les meilleurs titres du début de carrière? Les Territory, Propaganda, Dead Embryonnic Cells, Beneath The Remains, Inner Self, Mass Hypnosis, From The Past Comes The Storms? Et j’en oublie… Pour conclure, je reprend mon mot de début : mitigé. On est en droit d’en attendre plus d’un groupe mythique comme Sepultura, qui a vu sa popularité largement entamée, eux qui ont vendu Roots par palettes entières. Clairement, ils doivent se ressaisir. Même si pour leur défense, un festival n’est pas le meilleur endroit pour exprimer son talent. Affaire à suivre…

 

Et nous voilà déjà arrivé à la tête d’affiche du vendredi ! Un nom qui faisait fantasmer les festivaliers depuis des années déjà, un des plus grands groupes de metal de tous les temps, la Vierge de Fer, c’est bien sûr Iron Maiden ! Il s’agit toujours de la tournée Maiden England, qui célèbre la ré-édition du live Maiden England, enregistré en 1988 sur la tournée Seventh Tour Of A Seventh Tour. Les Londoniens étaient déjà passés par la France l’année passée, notamment à Bercy où votre serviteur s’était rendu et avait fait la chronique sur ce site. Je vous invite d’ailleurs à relire la chronique, car c’est un concert similaire que nos amis nous servent. Pour les différences : la setlist a été légèrement changé, nous avons désormais Revelations, issue de « Piece Of Mind » (1983) à la place de Afraid To Shoot Strangers (qui faisait tache sur l’ancienne setlist) et Sanctuary à la place de Running Free. Exit Wrathchild, qui aurait du être jouée au lieu de The Clairvoyant, probablement faute de temps. Ensuite nous avons l’ambiance, différente forcément puisque festival. C’est d’ailleurs plus compliqué d’estimer la participation du public, puisqu’il m’est impossible de voir jusqu’où il se tient. En tout cas, il est vraiment vivant, participant activement au show, toujours aussi monumental. Le meilleur moment étant bien sûr Fear Of The Dark, avec cette intro si géniale… Définitivement un très grand moment de ce festival, et des concerts de Maiden tout court. Et comment ne pas citer les intros de The Number Of The Beast et de The Prisoner, reprises par le public… Grandiose. Les membres du groupe sont fidèles à eux mêmes, sauf peut-être Nicko McBrain (batterie), qui semble fatigué, et qui oblige à ralentir certains morceaux. Bruce Dickinson (chant) s’amuse à citer les scores du match France-Suisse, se déroulant sur le même créneau horaire. Cela remporte un succès assez moyen, le public metal étant souvent en opposition au football. Mais c’est oublier les racines de Maiden, qui sont des grands fans de foot (n’hésitant pas à organiser des matchs lors des tournées), notamment Steve Harris, fan du club de West Ham (on peut le voir sur la pochette de « Somewhere In Time« ). En tout cas, ces interventions ont marqué le public, le sujet revenant régulièrement lors du week-end. En conclusion, on peut dire que le concert était à la hauteur de l’attente et du groupe : grandiose, magnifique, visuellement très fort. Maiden n’a encore une fois pas déçu !

Bleu, bleu, bleu, bleu, bleu, bleu, bleu, bleu...
Bleu, bleu, bleu, bleu, bleu, bleu, bleu, bleu…

Un sens aigu de la mise en scène
Un sens aigu de la mise en scène

 

Je pense que l’expression passer du coq à l’âne prend tout son sens ici. Encore que, il s’agit de 2 groupes mythiques, donc on pourrait modifier ça. On passe donc de Maiden à Slayer. En voilà un autre groupe attendu au tournant. Mais pas pour les mêmes raisons. Depuis la mort de Jeff Hanneman l’année dernière, le deuxième départ de Dave Lombardo du groupe et le retour du bouche-trou Paul Bostaph, Gary Holt qui s’installe définitivement comme deuxième guitariste au côté de Kerry King (tout en continuant sa carrière avec Exodus)… C’est dire à quelle point l’année a été compliquée, et qu’ils ont fort à faire pour prouver qu’ils sont encore au niveau. En tout cas premier bon signe, la setlist ne commence pas par World Painted Blood, qui ouvrait systématiquement depuis 2009. Volonté de renouvellement? Plutôt de retour au source, car la doublette qui ouvre est Hell Awaits/The Antichrist, qui ouvrait en 1990 sur la tournée « Seasons In The Abyss« . En fait, le concert est un best-of de leur carrière, avec des chansons provenant de pas moins de 8 albums différents, pour une heure de show. On retrouve des classiques comme Mandatory Suicide ou War Ensemble, mais putain qu’est-ce que les 6 chansons de fin tuent leur race !!! Désolé pour le langage, mais y a pas d’autres mots. Jugez plutôt : Seasons In The Abyss, Dead Skin Mask, Raining Blood, Black Magic, South Of Heaven et Angel Of Death. Clairement du gros tabassage, du craquage de nuque en règle, net et sans bavure. Avec bien sûr la bannière en hommage à Jeff Hanneman sur Angel Of Death, sur laquelle Tom Araya (chant/basse) nous ressort son fameux cri primal, comme si il avait encore 20 ans le bougre… Sur la liste des points noirs, juste avant cet enchaînement le groupe nous a joué son dernier morceau, Implode, prévu pour un hypothétique prochain album. Ce qui me confirme que ce morceau n’est vraiment pas à la hauteur de ses glorieux aînés. Ce n’est pas un mauvais morceau, mais sa moindre qualité est flagrante quand il est mis en comparaison. On peut également citer Paul Bostaph, qui certes singe magnifiquement bien Dave Lombardo, mais où est l’émotion?Après, j’hésite à mettre en point noir l’attitude de Tom Araya. On a l’habitude de sa non-interaction avec le public, mais quand on est vraiment en face, ça frappe vraiment. Décidément, ce groupe reste définitivement une énigme… Mais bon ne crachons pas dans la soupe, le set était de qualité globalement bonne, et puis c’est Slayer quoi ! La preuve que dans beaucoup de cas, l’aspect « mythique » l’emporte sur l’aspect « excellence ».

Raining Blood !!!
Raining Blood !!!

 

Je connaissais Sabaton d’avant le Hellfest, mais c’est l’annonce de leur venue qui a été l’élément déclencheur qui m’a fait aller écouter leur musique, et franchement j’ai bien aimé, du coup j’attendais de pied ferme leur concert. Mais la fatigue accumulée a eu raison de ma volonté. Pourtant, ils m’ont fait un énorme appel du pied en mettant The Final Countdown de Europe à fond sur la sono juste avant de commencer. Mais bon. C’est donc depuis le bois du Hellfest que j’ai pu écouter Carolus Rex, The Art Of War ou encore les riffs de Smoke On The Water et de Master Of Puppets. Au moins, on aura pu profiter un peu plus de toute la décoration mise en place durant le fest’, qui prend vraiment toute son ampleur la nuit. Et puis cette période de repos n’aura pas été inutile, car Death Angel nous attend les amis !

A priori, on ne risque pas de se faire violer dans ce bois là...
A priori, on ne risque pas de se faire violer dans ce bois là…

 

Si je devais faire le top 3 des groupes que j’attendais le plus pour cette édition du Hellfest, Death Angel en ferait partie, avec Aerosmith et Extreme. Vraiment, j’ai téléchargé et écouté ce groupe spécialement pour le Hellfest, après en avoir entendu beaucoup de bien. Et c’est vrai que les albums « The Ultra-Violence », « Act III » ou encore « The Art Of Dying » sont vraiment à ranger parmi les albums de thrash de très grande qualité. De plus, nous avons le droit en ce vendredi soir à la seule représentation donnée par Death Angel en Europe pour l’été. Après avoir craint l’annulation, le groupe a décidé de venir quand même pour une unique date, et c’est tant mieux ! Punaise mais quel pied j’ai pris, quelle leçon de thrash nous avons reçu ce soir là ! En même temps, avec des classiques comme Seemingly Endless Time, Evil Priest, 3rd Floor ou Mistress Of Pain, comment cela aurait pu être autrement? Hein ma bonne dame? Et puis les petits derniers, issus de « The Dream Calls For Blood », comme Son Of The Morning, l’éponyme (j’ai réussi à placer ce mot !!!) The Dream Calls For Blood ou Left For Dead, s’intègrent bien avec les autres morceaux. Tous les musiciens ont livré une prestation extrêmement solide, comme la paire de guitaristes Rob Cavestany/Ted Aguilar, très complémentaire, ou Mark Osegueda (chant), très en voix (et malgré ses interventions entre les chansons un peu longuettes). Même Damien Sisson (basse) me surprend, avec son jeu aux doigts devenu rare dans ce style. Malheureusement, il commence à se faire tard, et le public se clairsème tout au long du show. Dommage pour eux, le groupe finissant sur un Thrown To The Wolves du feu de dieu (ce riff bon dieu, ce riff !!!). Et c’est ainsi que se fini le dernier concert de la journée. Allez, quelque chose me dit que c’est pas tout à fait fini…

 
Bilan de cette première journée : un vrai marathon, pas un moment de libre, et comme d’habitude au Hellfest, on a l’impression que s’y on zappe un truc, on loupe un grand moment de metal. D’ailleurs, ça se vérifie dans la suite du week-end, et ça se lit dans l’article consacré à la deuxième partie.

Vous avez peur de louper les deux autres articles consacrés au Hellfest, ou même ni’importe quel autre article publié sur le site? Retrouvez nous sur la page Facebook (Ici) et sur notre compte Twitter ().

Vous avez aimé ? Pourquoi ne pas partager ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.