Si il y a un film cet été qui cristallise d’incommensurables attentes à travers le monde, c’est bien Wonder Woman. L’un des premiers films de super-héros majeurs se concentrant sur une super-héroïne depuis des années ! Les derniers films de cette catégorie que nous avons eu étaient ces deux étrons Elektra et Catwoman mine de rien. Cela commence à faire un moment ! Le film a déjà cette importante épée de Damoclès d’être vu comme le possible premier bon film de super-héros féminin de l’histoire du cinéma.

Quand en plus Wonder Woman arrive derrière Batman v Superman et Suicide Squad qui ont rendu les débuts du DC Extended Universe plutôt boiteux (pour rester poli), on peut comprendre pourquoi le film n’a réellement pas intérêt à rater lui aussi le coche.

C’est donc un film très attendu et avec une énorme pression autour. Ce sont les origines de la guerrière amazone qui donne des coups de tatanes durant la première guerre mondiale. Bref, c’est Wonder Woman et en voici la critique !

Wonder Woman est donc un film réalisé par Patty Jenkins (à qui nous devons l’excellent Monster que je vous conseille si vous ne l’avez pas vu, la prestation de Charlize Theron y est … monstrueuse ? Oui, la porte après ce jeu de mot) sorti le 2 juin 2017 aux États-Unis et le 7 juin dans nos bonnes vieilles salles noires françaises. Il s’agit de l’histoire des origines de la célèbre super-héroïne qui découvre le monde des hommes durant la première guerre mondiale, après avoir vécu toute sa vie sur Themyscira (oui, j’ai dû vérifier l’orthographe), l’île secrète des amazones. Comprenant qu’il s’agit sans doute de l’oeuvre du dieu de la guerre Arès, Diana part accompagnée de l’espion Steve Trevor au front, décidée à stopper cette guerre une fois pour toute.

Gal Gadot avait fait une forte impression lors de son arrivée dans Batman v Superman, étant globalement vu comme l’un des (peu nombreux) points forts du film. Néanmoins son rôle était très secondaire. C’est vraiment avec ce film qu’elle avait l’occasion de s’affirmer dans le rôle iconique de Wonder Woman. Et globalement c’est réussi ! Même si il ne s’agit pas de l’actrice du siècle en terme de jeu, elle assure néanmoins la performance en jouant très bien ce côté un peu candide lorsqu’elle découvre le monde des hommes, bien différent à bien des égards avec tout ce qu’elle a toujours vécu chez les amazones. Néanmoins, cette innocence n’a pas d’effets néfastes sur les scènes sérieuses et quand Gal Gadot sort les bottes pour casser de la bûche, elle est tout à fait crédible. Je suis convaincu qu’elle pourrait me battre sans problème dans la vraie vie. Tout comme je suis convaincu qu’elle est capable de faire tout ce qu’elle fait dans son rôle. Quand on la voit battre des soldats par dizaines ou éclater des bâtiments un à un pendant une bataille, on y croit et surtout on aime voir ça.

J’en profite maintenant. Je vais me la jouer un peu bonne conscience quelques instants avant de retourner sur le film. C’est un bon modèle pour les petites filles qui peuvent forcément plus facilement s’identifier à une Wonder Woman qu’à un Batman ou un Iron Man par exemple. Même si elle est très charmante, on ne joue pas sur son apparence dans ce film. C’est une femme forte et courageuse qui n’hésite pas à se battre et à prouver qu’elle peut défier les attentes du monde très masculin qui l’entoure. Voilà, c’était la minute sociale, maintenant revenons à nos moutons !

Scène épique in coming …

 

Si je mets cette image, c’est pour vous parler du meilleur point de Wonder Woman : les scènes d’action. Il y a globalement 3 séquences d’action majeures à travers le film. Et globalement il n’y a rien à dire dessus, le tout s’enchaîne bien et reste fluide grâce à la réalisation efficace de Patty Jenkins, malgré qu’elle ait pris une page du livre de Zack Snyder sur les ralentis durant les scènes d’action qui sont intéressantes mais parfois trop présentes. J’irais même plus loin en déclarant que toute la séquence de la bataille dans les tranchées est l’une des meilleures scènes de l’histoire des films de super-héros. C’était épique et j’étais accroché à mon siège comme rarement ! C’est simple : j’avais l’impression d’avoir besoin d’une cigarette après cette scène.

La réalisation est bonne, le casting est globalement bon, les scènes d’action sont bonnes … On ajoute à tout ça un très bon rythme sur 90% du film (je reviens sur les 10% restants dans quelques lignes) qui prend le temps de nous présenter le personnage tout en restant intéressant. Le film dure 2h21 et j’avoue ne pas les avoir vu passer. Mais du coup est-ce que le film mérite t-il les critiques quasi-dithyrambiques qu’il a eu aux États-Unis ? Pas vraiment.

Il y a en effet des points négatifs qui viennent pas mal ternir le tableau.

« Oh ! Général machin et docteur bidule ! Mes méchants préférés ! » – Personne

On peut se moquer des méchants proposés par Marvel qui ne sont globalement pas fous. Mais ce que nous propose DC n’est pas glorieux non plus pour Wonder Woman, avec pas moins de 3 méchants dans ce film, avec la prouesse de ne pas en avoir un seul d’intéressant ! Le général machin est un allemand en colère (pléonasme ?) qui veut gagner la guerre. Le docteur bidule aime bien créer des armes chimiques qui tuent plein de gens sans qu’on ait le moindre développement sur son personnage. Et le gros boss de fin n’a pas non plus le moindre intérêt, sauf celui d’être le gros boss de fin. Bref de ce côté ce n’est vraiment pas glorieux.

Les 10% restants concernant le rythme du film dont je vous parlais un peu plus haut ? C’est simple : la dernière partie du film est ratée. On tombe dans un gloubiboulga d’effets spéciaux assez aberrants pour un film de cette ampleur en 2017 qui semble rushé et tranche radicalement avec le reste du film, n’y ayant presque pas sa place. L’écriture y est aussi affreuse avec tous les clichés possibles. Nous avons littéralement droit à un « l’amour peut sauver le monde » bon sang ! Cette fin m’a tellement gêné que je suis ressorti de la séance avec un goût amer et surtout une impression de déception.

Est-ce que Wonder Woman est un mauvais film ? Non, loin de là. Mais ça n’est pas non plus un film qui mérite d’aussi bonnes critiques sur la toile. C’est un film moyen, qui a de très bonnes séquences d’action mais qui derrière te sortira des séquences de « romantisme » plutôt moyennes et un combat de fin qui continue dans la lancée des séquences finales bourrées d’effets spéciaux qui n’ont pas grand intérêt avec un message très cliché. La recette du film de super-héros est respecté, avec de l’humour qui fait plaisir car n’étant pas lourd et des couleurs qui nous changent des nuits perpétuelles de Zack Snyder. Mais il n’y a pas de quoi se relever la nuit non plus. C’est le meilleur film du DC Extended Universe, c’est certain. Mais c’est presque triste de dire ça car il n’est pas fou. Wonder Woman n’est pas le film qui sauve le DC Extended Universe. On commence à relever un peu la tête mais il y a encore beaucoup de travail à fournir pour espérer avoir un univers que l’on retiendra longtemps pour ses qualités.

Est-ce que le film est un peu protégé parce qu’il met en scène une super-héroïne ? Ce n’est pas totalement impossible. Et c’est vrai qu’il fait plaisir de voir enfin un film avec une super-héroïne qui n’est pas une daube et qui surtout est un exemple un peu plus sain à présenter aux petites filles que Catwoman avec Halle Berry par exemple. Mais il ne faut pas non plus rester aveugle face aux défauts bien présents du film pour autant. Si on me fait une suite, j’irais sans doute le voir parce que je n’ai pas perdu mon temps face à ce film, parce qu’il y a un vrai potentiel avec ce personnage, et parce que je sais que nous pouvons avoir mieux. Nous avons le droit d’avoir mieux que ce que DC nous donne en ce moment.

Je pense aussi que passer après Suicide Squad aide beaucoup à rendre Wonder Woman carrément plus agréable en comparaison, au point où on peut le survendre. Mais quand je lis « C’est le meilleur film DC depuis un moment ! », c’est par défaut malheureusement. Néanmoins j’aime beaucoup le personnage, et le film ne m’a pas dégoûté du prochain Justice League ! Sans doute parce que j’en attends pas grand chose …

Je le sens mal mes amis … Je le sens vraiment mal.

 


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