Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué sans aucune raison valable ? Pourquoi simplement prendre le titre original du film ou prendre la traduction française de ce titre quand on peut changer le titre anglais par un autre titre anglais et y ajouter un sous-titre en français qui correspond à la traduction du titre original du film mais aussi du roman qu’il adapte ?

C’est simple : parce que les gens qui s’occupent de ça s’ennuient profondément. C’est un appel à l’aide en réalité. Chaque année, des dizaines de titres de films se font maltraiter en France. Il est temps d’en parler.

Blague à part, j’ai eu la chance d’assister à une projection presse du film The Last Girl – Celle qui a tous les dons (qu’on va simplement appeler The Last Girl dans le reste de l’article car c’est quand même moins long). Il est donc temps de vous en parler ! Puis il y a des zombies et Gemma Arterton quand même … Donc il coche toutes les cases dans la liste du « comment attirer l’attention du Greil pour qu’il écrive une critique sur vous ».

 

 

The Last Girl est donc un film anglais réalisé par Colm McCarthy, sorti le 23 septembre 2016 chez nos amis de l’autre côté de la Manche, le 24 février 2017 aux US et qui arrive enfin chez nous le 28 juin 2017. On peut se le dire, nous n’avons clairement pas été prioritaires en terme de distribution pour ce film ! Il s’agit de l’adaptation du roman Celle qui a tous les dons et raconte l’histoire de Melanie, une jeune fille qui vit au quotidien dans une base militaire qui semble faire des expérimentations. La raison de ces expérimentations ? Le monde est envahi par des zombies, infectés par une maladie fongique (ça veut dire que ça vient des champignons pour ceux qui ne sont pas bons en étymologie … comme moi) et Mélanie ainsi que d’autres enfants sont en partie résistants à la maladie. Bien évidemment, tout ne va pas se passer comme prévu !

Comme à mon habitude lorsqu’il s’agit d’une adaptation : je critiquerais le film uniquement pour ce qu’il est et ce qu’il nous propose, pas sur son respect du matériau d’origine. Et ici ça va être facile étant donné que je n’ai pas lu le roman en question. Malgré tout si des fans du roman gueulent sur le scénario, ils le feront sur l’auteur du livre étant donné que c’est lui qui s’est chargé du script et qu’il a volontairement fait une adaptation différente de son roman. C’est son bébé après tout, il peut bien en faire ce qu’il veut sans se soucier de l’avis des fans !

J’ai donc vu ce film à l’aveugle, film que j’attendais car bien évidemment, ça cause zombie donc je suis tout de suite intéressé. Il est vrai que la figure du zombie est très représentée ces dernières années. L’intérêt n’est maintenant plus de voir simplement un film de zombie mais de voir comment le film va réussir à avoir son identité et par quel angle il va attaquer un genre devenu très populaire en plus d’être très codifié.

Et de ce côté … Le film s’en sort plutôt bien ma foi !

 

Voir Glenn Close chercher à se faire un manteau en peau de zombies aurait peut-être été un peu gros …

 

The Last Girl est très minimal dans sa forme mais nous laisse suggérer beaucoup. Nous avons quelques grosses scènes d’action (notamment une au début du film) pour dynamiser le rythme mais le gros du film se concentre sur quelques personnages. Nous n’avons pas des scènes visuellement impressionnantes comme dans World War Z mais on ressent malgré tout le côté global de l’infection. Et cette volonté d’en faire comprendre beaucoup avec peu est réussi. Est-ce pour une raison de budget ? C’est tout à fait possible, mais le résultat final est là et c’est bien ce qui compte au final.

Voir Londres en grande partie déserte de civilisation reste impressionnant avec des décors intéressants, montrant la nature qui a repris les devants au milieu de la ville. Vous pouvez me dire que nous avons déjà vu ça dans 28 jours plus tard et Je suis une Légende (si vous n’avez d’ailleurs pas vu 28 jours plus tard, réparez moi cette erreur sur le champs ! Pour Je suis une Légende ?… Non celui-là ça va aller) et vous auriez raison. Malgré tout, cela reste toujours aussi impressionnant même si ça n’est pas forcément nouveau.

Ce qui est nouveau par contre, c’est notre personnage principal, incarné par Sennia Nanua. Il semblerait qu’elle ait joué dans un autre film auparavant, intitulé Beverley (sorti en 2015) mais je la découvre avec ce film et pour moi elle est LE point fort. La jeune actrice réussit totalement à jouer ce personnage, ayant une innocence nous faisant nous attacher à elle mais avec une violence qui nous maintient méfiants de ses réactions et par conséquent accroché à notre siège. De manière globale, le casting est très bon de toute façon, pas de fausse note à signaler !

 

Hannibal Lecter cherchait justement à savoir qui avait piqué son masque depuis quelques jours …

 

L’univers est également intéressant et a un angle suffisamment original pour convaincre ceux qui pourraient en avoir marre des films de zombie. Ce qui est loin d’être mon cas personnellement mais je peux tout à fait comprendre la fatigue autour du genre.

Malgré tous ces bons points, tout n’est pas rose dans ce monde apocalyptique (évidemment dit comme ça …). The Last Girl a en effet quelques petites grossièretés au niveau du scénario qui pourront décevoir. C’est parfois un peu trop facile. C’est évidemment la voiture qui va finir par ne plus être utilisable pour une raison X ou Y, forçant les survivants à continuer à pied. C’est évidemment une énorme ville forcément infestée de milliers de zombies qu’il va falloir traverser si l’on veut aller à notre destination. On ressent la volonté de traiter de manière originale le genre mais il ne réussit pas à en éviter tous les clichés. Dommage !

Je pourrais aussi signaler quelques petites longueurs ici et là, mais le film n’abuse pas non plus du spectateur en dépassant les 2 heures juste pour le plaisir. Nous avons nos 1h50 et le film est suffisamment rythmé et intéressant pour nous maintenir accroché jusqu’au générique de fin. Mais la seconde moitié du film a quelques ventres mous. Rien qui ne gêne vraiment, mais ils sont présents.

Globalement, j’ai passé un bon moment devant The Last Girl. Est-ce qu’il s’agit du meilleur film de zombies de ces dernières années ? Non. Mais c’est un film qui réussit à avoir son identité, tout en restant efficace dans son genre. Nous avons nos quelques petites scènes de violence pour les amateurs de bidoche et un rythme suffisamment bien géré pour qu’on ne s’ennuie pas devant. Je ne me suis pas pris une claque comme c’était le cas avec Dernier train pour Busan l’année dernière. Mais en tant que fan des films de zombies, je mets The Last Girl dans la catégorie des bons films du genre de zombie. On y ajoute à ça une petite bande-son pas piquée des hannetons (oui j’utilise cette expression, et j’assume !) et un bon casting et on obtient un résultat des plus sympathiques. Bref, The Last Girl ? En cette période plutôt médiocre en terme de qualité des films au cinéma, je vous conseille de lui laisser sa chance !

 

Même avec une tenue comme ça, je reste fou de toi Gemma !

 


Qui dit fin d’article, dit forcément la petite pub habituelle pour la page Facebook du site que vous pouvez rejoindre si jamais vous voulez vous tenir au courant des prochaines sorties. J’y raconte aussi plein de bêtises sur le cinéma, c’est quand même pas mal ! Même si je suis parfois un peu trop obsédé par la moustache de Kurt Russell il est vrai …

Sur ce, je vous dis à la prochaine et allez au cinéma c’est important !