Critique: Ni-Oh

Bienvenue Messieurs dames dans le monde merveilleux du Japon féodal. Vous qui n’avez peur de rien, je vous souhaite un très bon séjour dans la contrée de rage humaine à son était primitif. Vous l’avez compris, Ni-Oh va vous emporter dans la rage absolue, vous m’entendez ? RAGE (et pas qu’un peu). Tout ce que ce jeu va faire c’est de vous inciter à dégommer la première personne qui ouvre la porte de votre chambre. Soyez avertis, cette critique est purement remplie de chagrins, d’exaspérations après de nombreuses heures (environ 180 morts au compteur) à mourir en boucle sur des boss et des pièges mortels.

En premier lieu, petite aparté sur ce qui s’est passé, le jeu a été prévu sur PS2 voire peut-être PS3 pour 2006 si ma mémoire est bonne. Finalement le jeu a dû attendre 2015 pour être sur scène. Présenté comme un jeu sadique destiné aux masochistes (oui je ne demande que ça) dans la lignée des Soulsborne. Personnellement, j’ai plus l’impression dans un mix Onimusha (Jean Renoooo) et Ninja Gaiden que de Souls, petit clin d’œil à Lord of the Fallen au passage.

Notre héros du jeu : Gera….William de Rivia !

 

Le jeu se veut nerveux et technique, la prise en main est quasi-immédiate pour les habitués aux Ninja Gaiden, mais aussi Dynasty/Samurai Warriors, il ne faut pas les oublié. Dans un premier temps, on ne va plus accuser le retard technique de nos développeurs du pays du soleil levant. Ils ont fait un réel effort de nous proposer sur PS4 Pro plusieurs modes allant de 30 à 60fps contant (un gros plus pour les 60fps et 1080p tout de même) et un framepacing complètement maîtrisé. Cependant, pour nos amis PS4,  le jeu essaie de tenir le bout des 60fps mais avec une résolution dynamique allant de 720p à 1080p (dans le meilleur des cas), en revanche le framepacing n’est pas tiptop sur une PS4 standard. Oui je confirme graphiquement ce n’est pas terrible terrible, par contre sa direction artistique explose tout le reste. J’ai beaucoup aimé la DA d’Onimusha, un peu moins celle de Ninja Gaiden surtout pas le 3. Mais Ni Oh fait fort, chaque niveau est différent, qui retranscrit à merveille le Japon féodal à l’époque pendant l’unification du pays. Pour ce qui veut savoir un peu plus, c’est pendant la transition de l’ère Azuchi-Monoyama à celle d’Edo c’est-à-dire les Daimyou qui ne sont pas encore au titre de Shogun, avec les clans connus comme Oda, Date ou Imagawa etc. Pour plus d’informations, je vous invite à jouer aux Samurai Warriors – ok j’arrête le placement de produit, en plus je ne suis pas payé.

Coucou toi, j’imagine qu’on va passer un bon moment ?

 

Le bestiaire du jeu est juste sublime, quoiqu’un peu quelconque par rapport aux arts mais on reconnait chaque Oni, Yokai ou Kami etc. sortant tout droit des Ukiyo-e. Et ces créatures ne vous veulent qu’une chose : que vous alliez briser votre écran avec la manette bien plantée au milieu. Ces créatures seront votre seul souci toutes les nuits – non ne me tue pas, non j’ai plus de regen, il est où le temple ? La seule chose que je vois dans le miroir au réveil c’est cette saleté de Onyudo (espèce de moine démon). Mais au bout de quelques nuits, vous ne devez plus avoir de souci avec eux – enfin normalement.  Par contre, je trouve que le bestiaire du jeu est assez limité, on retrouve exactement les mêmes monstres dans n’importe quel niveau, certains sont de couleurs différentes pour indiquer l’élément du monstre, à contrario avec les Soulsborne où chaque niveau vous propose de différents monstres à affronter et à apprendre leur paterne. Je dois dire que l’IA du jeu est un peu quelconque également, qui est capable de vous détecter si vous les approcher de dos mais par contre si vous êtes devant lui et en garde ben il prend du temps de remarquer qu’une grosse hache qui arrive sur sa tronche quand même. Par contre éviter de toute tentation d’aller plus vite, je vous invite vivement à entamer un seul ennemi à la fois en lui lançant une petite pierre ou avec une flèche en pleine tronche. Si la situation est trop difficile, oubliez vos citations de la fuite n’est qu’un détour machin et/ou de votre bushido : Fuyez, pauvres fous ! – Gandalf, 2001. On est dans un univers tellement oppressant, vous allez avoir de sueurs froides à chaque pas, et il n’y a pas de prix à ce sentiment de crainte permanente.

Chaque pas est un danger, soyez sur votre garde !

 

Nous incarnons William inspiré de William Adams dans l’histoire, au passage notez que ce character deisgn vous fera furieusement rappelé un certain Geralt de Rivia. William est un marin qui ne sait pas nager, non mais sérieux quoi, qui a recruté ce gars ? Autre le fait que tout le monde veut votre peau, les rivières seront également votre pire cauchemar. Il suffit que vous mettiez votre pied dans 20cm de l’eau et vous pouvez recommencer au point de sauvegarde : les temples. Pour les habitués, vous n’allez pas vous perdre, pour les initiés, si vous mourrez la seconde fois sans avoir récupéré votre âme, vous perdez toute expérience cumulée. Petit astuce : dépensez tout avant d’affronter le boss de fin du niveau, après vous pouvez tout simplement foncer sur le boss en ignorant tout ce qu’il y a sur le chemin, et veillez à ce que votre arme vivante (que j’aborderai plus tard) est toujours prête. Nous avons toujours une mini-map pour nous indiquer où aller, mais bon il faut avouer, ça sert à rien ! Autant nous mettre une flèche rouge verticale pour nous dire :  le boss, c’est par là ! C’est mieux je trouve. Ni-Oh se distingue aux Souls grâce à son système de missions : dans les Souls vous êtes lâchés dans un monde dans lequel les sections sont interconnectées que vous devez parcourir à l’aveuglette. Dans Ni-Oh, chaque mission est séparée du reste, vous choisirez celle vous voulez faire. Personnellement, je préfère largement ce système de car on ne s’y perd plus. Contrairement aux Souls, où on se demande par quel chemin aller et est-ce qu’on doit faire ceci ou cela. Pour se démarquer Ni-Oh nous propose de découvrir toutes les mécaniques via des tutoriels tout le long du jeu, bien évidemment avec son petit lot de loots sympathiques. Je trouve cette initiative permet aux néophytes du genre à prendre le jeu en main plus facilement, contrairement aux Soulsborne que vous devez tout découvrir dans d’atroce souffrance.

La sélection des missions, j’espère que je ne vais pas me perdre !

 

Avant d’attaquer au gameplay, on va faire un petit détour du scénario et la musique: le scénario est…attendez que je vérifie,  ah ok c’est ce que je me disais, il y a un scénario, mais comment dirais-je…ben c’est Team Ninja quoi, on essaie de suivre le bout mais bon. Le scénario étant assez anecdotique et la narration n’a strictement aucun sens au début, mais en même temps c’est mieux que Soulsborne – ils n’ont pas de scénario eux. Moins qu’un scénario complet, ce sont plutôt des bouts d’histoire qui mélange la fiction et les faits réels, moi qui adore cette époque, je n’ai absolument rien compris à ce qui se passe, d’un coup William est là, et soudainement il est ailleurs. Enfin bon, ce n’est pas vraiment le souci, pour ce genre de jeu, le scénario n’est qu’un petit plus et on peut très bien en profiter sans trop se demander qu’est-ce qui se trame. En revanche, je trouve que c’est assez dommage de ne pas exploiter le scénario au maximum parce qu’il y a tellement de choses à raconter pendant la période Sengoku. En suite concernant la musique du jeu, c’est un bon petit régal mais qui ne restera pas dans la mémoire, des thèmes évoquant de l’epicness mais très loin du niveau d’un Hans Zimmer ou d’un John Williams, et surtout on ne remarque que très peu cette musique, car on est cent fois plus concentré sur le boss que de prendre du temps à apprécier la musique, d’autant plus qu’elle fait sa timide tout le long du jeu. De ce côté, je reste neutre car je n’ai rien à reprocher ni d’éloges à faire.

Bizarrement, je le sens pas lui !

 

Passons-nous maintenant aux choses sérieuses, le jeu n’est pas dur ni difficile, il est juste techniquement très exigent, et vous punira la moindre erreur. Je développe, William est extrêmement agile et capable de manier un bon nombre d’armes, contrairement au Souls ou Lord of the Fallen où vous ressentez une certaine lourdeur dans les mouvements. Ici, même avec les armes les plus lourdes, William peut très facilement faire un dash dans n’importe quelle direction après le coup. Par contre pour réussir, c’est une vraie question de timing et aussi de la souplesse de vos doigts. Imaginez en une demi seconde, dès que le coup touche votre adversaire, vous devez faire : R1 > L1 (maintenir) > stick gauche > X pour esquiver la contre-attaque immédiatement après. La fenêtre de tir est assez courte, après avoir étudié les boss, vous devez pouvoir les dézinguer sans trop de difficulté, enfin normalement. Pour ceux ou celles ayant déjà joué à Soulsborne, il est vrai que vous ne pouvez pas esquiver un combo après le premier coup, mais vous pouvez toujours bloquer et après esquiver : L1 (maintenir) stick gauche > X, attention tout de même à votre Ki, s’il est trop bas, vous ne pouvez pas faire de dash après le blocage. À la place vous aurez une belle surprise.

Ouh la, t’es bien moche toi !

 

Le jeu vous force à surveiller votre Ki (votre endurance), contrairement aux Souls où vous ne pouvez pas récupérer votre  endurance, ici une mécanique appelant Ki Pulse vous permet de récupérer une (petite ou grande) partie de votre Ki dépensé après chaque coup ou une série de coups. Tout simplement en appuyant sur R1 au bon moment. Encore une fois si vous spammez R1, vous n’allez pas récupérer autant que Ki que si vous attendez un peu, tout est une question de timing. Grâce à ce système, vous pouvez continuer à enchaîner votre ennemi sans avoir à attendre pour récupérer le Ki. D’autres mécaniques comme changer d’arme ou de posture un plein Pulse permet de récupérer encore plus de Ki, par contre il faut les débloquer pour chaque arme. En parlant de posture, le jeu vous propose 4 postures et pas 3, chacun vous propose un moveset complètement différent pour varier le plaisir. La dernière on oublie très souvent mais elle en fait partie. La position haute qui fait plus de dégâts mais qui est lente et consomme plus de Ki, une moyenne qui est le compromis entre rapidité et dégâts, une basse qui fait pas très mal mais qui est très rapide pour enchaîner ou esquiver, enfin la dernière : celle-ci est la posture neutre, qui n’est pas utilisée tout le temps sur toutes les armes, si vous êtes familiers, c’est tout simplement l’iaido, généralement utilisé pour une katana. On dégaine, on frappe et on regaine. Ces postures peuvent être changées en plein combat pour s’adapter selon les situations, celle qu’on utilisera le plus souvent est la moyenne mais bon, comme on est les vrais, on n’utilisera pas d’armes, c’est surfait tout ça. Oui, contre les ennemis humains, nul besoin d’armes, on peut les dégommer grâce à la magie – Onmyou ou le Ninjutsu – on attrape la lame avec les 2 paumes des mains et on l’enfonce bien profondément là où ça fait mal. Je vous laisse deviner cet endroit par contre, hihihi.

Farmer son stuff ? Y’a pas mieux que les revenants !

 

Couplé à cela, la customisation de William dépendra largement de votre style de jeu mais aussi des boss, sachez également que les statistiques affectant votre arme n’est pas nécessairement les plus utiles, je joue avec une katana, mais je joue beaucoup plus avec les améliorations par exemple, du coup ce n’est pas la stat pour katana qui me faut mais bien de la magie. Vous avez de très nombreuses possibilités de personnalisation, à vous de choisir celle que vous voulez. Sachez également que pour changer de style, il suffit d’acheter un item au forgeron pour faire un reset et après vous faites vous plaisir. Le prix de l’item augmente au fur à mesure que vous achetiez, jusqu’à 300k max. Bien entendu, pour ceux qui optimisent à fond la patate, oui vous pouvez, mais attention tout de même au soft cap : c’est le moment où même si vous mettiez plus de points mais vous ne gagnez plus rien. À ce moment, optez autre chose. Chaque arme ne vous octroie pas les même bonus selon les stats, certaines ne vous donneront pas autant d’attaque que si vous mettez dans une autre stat par exemple. J’ai abordé les armes vivante au début, c’est une sorte d’esprit qui vous permet de varier votre gameplay et sont très utiles dans de nombreuses situations. Pour activer, il vous suffit d’appuyer sur triangle – rond en même temps. Pendant la durée de l’arme vivante, vous ne prenez pas de dégâts, mais elle sera réduite si vous êtes touchés, généralement j’utilise pour achever un boss pendant mes try ou de m’en sortir pendant les pulls en un foireux.

L’erreur est humaine. Corrigez la en mourant !

 

Autre que la personnalisation des stats, l’équipement est tout aussi important. Les armures sont divisées en plusieurs catégories : lourde (qui est…lourde et consomme beaucoup de Ki) donnant beaucoup de défense, moyenne (le compromis) et légère (qui vous permet de vous déplacer rapidement et ne consomme rien) par contre si vous êtes touchés…Cela dit, on arrive vite, très vite à saturation, non seulement parce que l’équipement tombe comme de la pluie, mais tout aussi nombreux en terme de stats et de qualités : rose > bleu > jaune > blanc. Vous pouvez avoir 250 pièces d’armures du même niveau, même style, par contre les stats sont complètement différentes, un peu à la diablo. Heureusement, afin de vous préparer à chaque boss, rendez une visite au forgeron pour changer de stats sur votre armure préférée, attention tout de même rien ne vous garantit que c’est la stat que vous attendiez, tout est une question de chance, hahaha. Ce forgeron vous permettra d’augmenter le niveau de votre arme en sacrifiant une autre ayant un niveau supérieur moyennant un coup (un peu trop) élevé. Ce qui ramène au point suivant : le farm. Oui, vous allez farmer les cocos de l’optimisation, et pas qu’un peu croyez-moi. Heureusement, les développeurs ont prévu le coup, ils ont ajouté plein de revenants – lorsqu’un joueur meurt, il laisse sa tombe là où il est mort. Vous pouvez les affronter pour espérer obtenir quelques pièces de son équipement, par contre rien ne vous indique sur les stats. Bonne chance !!!

Trop de loots, tue le loot !

 

La durée de vie du soft est juste gigantesque, si vous êtes bon, voire très bon, vous pouvez espérer finir le jeu en 40-50 heures. Si vous mourrez en boucle, partout, et que vous passiez des heures par boss, doublez ce temps. En plus de la mission principale, vous aurez des missions secondaires à faire, qui sont assez rapides et faciles…quoique pas tout le temps. Par contre les missions de crépuscule, qui remplace un niveau en invasion de Yokais, prendront un temps de fou pour les faire (à condition que vous avez déjà terminé la mission principale pour celles-ci), vous aurez 2 missions par jour aléatoirement. Parallèlement, vous pouvez inviter un ami pour partager l’aventure avec vous, ou crever avec vous, en boucle. Comme ça vous aurez quelqu’un avec qui rager. Par contre, les développeurs ont changé ce système, il faut maintenant que tous les deux, vous ayez fini la mission en question au moins une fois, justement pour vous forcer à la finir une fois en solo, sinon il y aura des abus de rush et ce n’est pas drôle pour tout le monde. Concernant la rejouabilité, vous êtes bien servis ici, une fois que la trame principale terminée, un new game plus vous proposera un nouveau mode pour l’ensemble des missions, avec des ennemies plus coriaces les uns les autres, et donneront de l’équipement de meilleure qualité. Il y a de quoi faire pour combler vos nuits blanches.

L’endroit le plus sûr de chaque niveau, dommage qu’il n’y a pas un tous les 50m.

 

Ni-Oh, n’est pas un simple jeu frustrant, mais tout aussi jouissif à la fois si vous l’accorder un peu de temps et de ne pas lâcher votre manette au bout de la 5ème mort. Certes, ce n’est pas un jeu pour vous si vous attendez à prendre du bon temps sans trop de difficulté. Il est réservé à une niche, celle qui sait persévérer, celle qui n’a pas peur du « die and retry« , celle qui a connu de la difficulté. Je ne peux pas du tout conseiller ce jeu à celui ou celle qui veut juste prendre du plaisir immédiatement sans avoir à se prendre la tête. Car ce sera qu’une perte de temps et d’argent. Par contre, pour tous ceux ou celles qui veut du challenge, qui veut crier haut et fort : j’ai buté tel ou tel boss avec cette stratégie, je ne peux que les encourager à aller acheter ce jeu, de suite, qu’est-ce que vous attendez ? Il est vrai qu’il a quelques problèmes : graphiquement on aurait dit un jeu sur la PS3, ou encore les monstres vus et revus à chaque niveau, ainsi que l’équipement un peu (trop) soporifique par moment. Mais la Team Ninja surmonte tout ceci en nous proposant un univers prenant, du bon level-design et les boss tout aussi coriaces l’un l’autre. L’arlésien de la PS4 n’a absolument rien à rougir pour entrer dans la cour des grands trop longtemps dominés par les Souls et parvient je dirai même à se créer une identité qui lui est propre. Sur ce, je vous souhaite bon jeu à tous et à la prochaine pour Horizon: Zero Dawn. Pour vous récompenser d’avoir lu jusqu’au bout, petite vidéo pour vous montrer la technicité du soft, petite erreur à la fin (boss 70 et j’étais 75).

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