Il semblerait que je devienne un vrai petit fou dangereux dans ma tête puisque je décide comme ça de me mettre à parler sur autre chose que le cinéma. Mais que voulez-vous, il m’arrive aussi de gâcher mes week-ends à regarder entièrement une saison de série sans avoir le moindre regret derrière. Parce que je suis ce genre de personne.

Malgré tout, la pression est là car c’est ma première fois et je ne vais pas parler ici de 2 voire 3 heures de contenu, mais de plus de 12 heures de contenu. Ça n’est clairement pas la même limonade mais je vais essayer de faire de mon mieux. Et si le résultat me convient et vous convient, je reproduirais sans doute l’expérience avec d’autres séries.

Quoi de mieux pour rentrer dans ce nouveau bain que de parler d’une série Netflix ? Histoire de pouvoir tout regarder en une grosse séance sans attendre chaque semaine pour un nouvel épisode. C’est définitivement un format qui a son intérêt dans notre façon actuelle de consommer du contenu. Bref, il est temps de parler de la nouvelle série de l’écurie Marvel qui fait parler d’elle (et pas en bien) et qui sera notre ultime étape avant d’arriver à l’énorme cross-over qui se prépare depuis maintenant 2 ans, à savoir les Defenders, réunissant Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist ensemble. C’est un peu comme les Avengers, mais dans une version un poil plus discount.

Bref, causons un peu du mec qui a le poing qui s’allume avec la critique de la première saison de Marvel’s Iron Fist, le dernier des Defenders. Et attention, il y aura un peu de spoil.

Alors, rapidement, de quoi nous cause cette série ? Marvel’s Iron Fist raconte l’histoire de Danny Rand qui revient à New-York, 15 ans après un accident d’avion en Himalaya où il fut le seul survivant. Il va vite se rendre compte qu’entre la vie qu’il a connu à l’époque et la vie qu’il a maintenant, les choses ont bien changé. Mais lui aussi a beaucoup changé, puisqu’il a passé les 15 dernières années dans un monastère où il s’entraina sans relâche dans un seul but : devenir le légendaire Iron Fist, l’arme absolue.

Je ne vends peut-être pas le pitch de la bonne manière, mais si ça ressemble à beaucoup d’autres pitchs de super-héros, c’est parce que c’est le cas. Il suffit de voir ces équations que j’ai préparées pour que cela vous saute aux yeux si ce n’est pas déjà fait.

  • Bruce Wayne + Mort tragique dans la famille + Entraînement intensif à l’autre bout du monde + Fils d’un chef d’entreprise super connu faisant de lui un milliardaire = Batman
  • Oliver Queen + Mort tragique dans la famille + Entraînement intensif à l’autre bout du monde + Fils d’un chef d’entreprise super connu faisant de lui un milliardaire = Green Arrow

Du coup … Forcément quand on me sort le pitch suivant :

  • Danny Rand + Mort tragique dans la famille + Entraînement intensif à l’autre bout du monde + Fils d’un chef d’entreprise super connu faisant de lui un milliardaire = Iron Fist

Le mot originalité ne me vient pas tout de suite à l’esprit. Néanmoins, je ne veux pas faire le rabat-joie dès le début de l’article, ce n’est pas tant le pitch de départ qui compte pour une série, c’est le traitement de ce pitch sur la longueur qui amène l’identité. Et ici … Sans déconner un SDF avec un iPhone pour nous exposer du background ?! Dans le premier épisode ? MAIS LA VACHE QUOI !

Exposition !

 

Ok rentrons tout de suite dans le vif du sujet : Marvel’s Iron Fist n’est pas une série très réussie en terme d’écriture. C’est même faiblard, surtout si on la compare aux autres séries des petits camarades sur Netflix qui nous ont habitué à mieux. Tout du long de la saison, on se demande pourquoi est-ce qu’un personnage prend une telle décision ou raconte quelque chose à ce moment. L’écriture n’est pour moi pas bonne ici car les personnages sont pratiquement tous stupides. Trop stupides. Je comprends que parfois pour faire avancer l’intrigue, il doit y avoir une décision qui ne semble pas forcément naturelle. Mais là, c’était quand même beaucoup à encaisser en 13 épisodes.

L’exemple parfait est en début de saison lorsque Danny est dans un hôpital psychiatrique. Le médecin croit enfin qu’il s’agit bel et bien de Danny Rand qui « revient d’entre les morts ». Cela donne à peu près ça :

– Je vous crois ! Vous êtes bien Danny Rand et pas simplement un mec fou. Où est-ce que vous étiez du coup durant ces 15 dernières années ?
– Oh eh bien j’étais dans une autre dimension à m’entraîner à devenir l’Iron Fist, ce qui veut dire que je peux concentrer mon énergie interne dans mon poing pour détruire tout sur mon passage.
– Vous me semblez clairement être un patient sain. Je devrais totalement vous remettre en liberté comme vous le souhaiteriez.
– C’est vrai ?
– Non.

Il faudrait être réellement stupide pour raconter une énormité pareille à un médecin dans un hôpital psychiatrique. Il dit la vérité, certes, mais bordel un peu de conscience du contexte dans lequel il est ! C’est quand même rare de tomber sur un héros aussi con que ça. Je vous rassure, les autres personnages sont probablement nés de la dernière pluie aussi. Notamment le duo Meachum. Ces derniers sont des amis d’enfance de Danny et sont maintenant ceux qui dirigent l’entreprise Rand (le melon des chefs d’entreprise quand même … à toujours vouloir mettre leur nom de famille en guise de nom de société comme ça). Les premiers épisodes de la série vont consister à les voir nier le fait que ça soit bien Danny qui est de retour, tandis que Danny ne nous a toujours pas donné les raisons de son retour à New-York. Pour eux, c’est absolument impensable qu’il s’agisse de Danny.

– Hey les amis, c’est moi Danny ! Je suis en vie en fait.
– Non tu ne l’es pas. Tu n’es pas Danny, il est mort c’est impossible.
– Je vous assure que c’est moi, on peut reparler de notre enfance pour que je puisse vous le prouver pour régler rapidement ce quiproquo.
– Non il va durer presque une moitié de saison ce quiproquo, parce que c’est pas possible que tu sois Danny Rand et on ne va pas t’écouter te justifier. En plus, t’es un clodo et tu te pointes dans nos bureaux, à quel traitement tu t’attendais ?
– J’avoue que je n’ai pas réfléchi à ça, mais on a pas encore établi que je suis plutôt con donc remettons plutôt les choses dans leur contexte. Vous vivez à New York, ville où il y a eu une invasion extra-terrestre il y a quelques années à peine. Invasion repoussée par un soldat de 90 ans, un mec en armure ultra high-tech, un mec qui se transforme en monstre vert et littéralement un dieu de la mythologie nordique. On a eu un robot qui a essayé de créer un météore en faisant soulever un pays pour détruire le monde il y a peu. Dans la ville en ce moment nous avons un mec déguisé en diable qui se balade dans les rues et un colosse d’ébène hyper balèze à la peau pare-balles qui protège le Bronx. Malgré tout vous ne pensez pas que j’ai eu la possibilité de survivre à mon crash d’avion ?
– Non. Parce que nous ne sommes pas dans un monde de cinglé. Nous vivons dans la réalité, monsieur le hipster / SDF.

Les 3 cons à la barre pour vous justifier s’il vous plait.

 

Les méchants sont un peu mieux réussis, sans pour autant arriver au niveau d’un Wilson Fisk pour Daredevil ou d’un Kilgrave pour Jessica Jones par exemple. Nous retrouvons la Main, qui nous a déjà été introduite (vous avez compris la tournure de ma phrase ? Main, introduire … Je parle d’Iron Fist … héhé, je suis drôle) dans la série Daredevil. Et voir plus sur cette organisation criminelle est intéressant. On en sait un peu plus sur l’ampleur de l’organisation et à quel point elle a infiltré New-York. Cela nous permet aussi de revoir Madame Gao ! Et ça c’est cool, parce que non seulement l’actrice joue bien le rôle, mais aussi parce que c’est un excellent personnage. La garce suprême en quelque sorte, qui a constamment 3 coups d’avance sur tout le monde. Je suis impatient de la revoir prochainement dans cet univers.

Nous avons également un autre général de la Main présent en fin de saison (dont je ne donnerais pas le nom puisque cela constituerait du spoil de fin de saison) mais ce dernier n’avait pas de réel intérêt, si ce n’est créer un conflit intérieur pour l’un de nos héros. LE méchant de la saison reste quand même Harold Meachum, interprété par Faramir. Je sais, il a un vrai prénom et un vrai nom, mais je l’appellerais quand même Faramir. Et Faramir joue bien le gros psychopathe. Nous le voyons devenir de plus en plus cinglé au fur et à mesure que la saison avance et son personnage est vraiment détestable donc le boulot est fait de ce côté. J’aurais sans doute préféré un plus grand développement sur ses motivations ou son personnage car il fait parfois trop méchant juste pour le principe d’être méchant. C’est dommage car avec un tel format et surtout avec ce qui nous a été proposé dans les autres séries Marvel, nous étions en droit de nous attendre à mieux sur ce point.

Je n’arrive pas à croire que je vais dire ça mais … J’aurais aimé plus de flashbacks.

 

Je trouve qu’aujourd’hui, nous nous servons un peu trop des flashbacks sans avoir forcément quelque chose de réellement intéressant à raconter. Prenons un bon exemple pour illustrer ça : Arrow. Chaque épisode a plusieurs flashbacks sur le passé d’Oliver qui ont toujours un rapport avec la situation à laquelle il est confronté dans le présent. Cela fait 5 saisons que cela dure et c’est devenu vraiment ennuyeux car les flashbacks sont devenus LA partie la plus ennuyeuse de la série (qui a d’autres problèmes … mais nous ne sommes pas là pour causer Arrow). Ici nous en avons très peu et j’aurais aimé qu’on ait plus d’informations sur ce qu’a vécu Danny durant son entrainement. On revoit toujours les deux mêmes scènes de flashback tout au long de la saison, mais il aurait été intéressant de voir plus. De le voir essayer de se reconstruire après son traumatisme. Ici, on a juste le héros qui nous sort des tas de proverbes asiatiques et qui nous raconte des anecdotes sur ce qu’il faisait pendant sa formation. C’est définitivement quelque chose qu’il aurait été plus intéressant de montrer plutôt que simplement évoquer.

Et puis ce look de hipster … Rase toi Danny bon sang ! T’es un super-héros et t’es une personnalité publique, pas un guitariste qui essaye de faire la tournée des Starbucks du quartier !

La bonne patate de forain comme on les aime

 

Un point essentiel sur lequel j’attendais Iron Fist : les combats. Nous avons eu de très bonnes scènes de castagne dans nos séries précédentes, notamment Daredevil. Et pour Iron Fist c’est … mi-figue mi-raisin. Il y a définitivement des combats qui valent le coup d’oeil. Notamment un combat entre Danny et un spécialiste du style de combat de l’homme ivre, sans doute le meilleur de la saison. Le niveau moyen est cependant un poil décevant. On a eu du lourd avec Daredevil donc forcément quand on a quelqu’un qui doit être un maître absolu de l’art martial, on était en droit de s’attendre à mieux. Néanmoins, nous avons notre lot de membres qui se font briser. Nous avons nos coups de tatane et quelques combats au sabre qui font plaisir. Colleen envoie pas mal de bois de ce côté. Elle est clairement le personnage du côté des gentils qui a le plus d’intérêt. Plus de développement sur son passé n’aurait pas été un mal !

Le cahier des charges de Marvel quant à l’univers sur Netflix est respecté. Nous avons nos apparitions contractuelles de Carrie Ann-Moss et de Rosario Dawson, nous avons nos clins d’oeil aux autres séries Netflix … Bref, de ce côté pas de prises de risques, nous avons notre lien commun à toutes les séries qui est présent.

Nous pouvons donc en conclure que mon client n’est clairement pas l’élu. Regardez sa bouille il boude comme un gosse. Pas une attitude d’élu.

 

Bref, Marvel’s Iron Fist ? … C’était … mouais. Il y a une phrase qui revient plusieurs fois dans cet article et que je ressors une dernière fois dans ma conclusion : nous étions en droit de nous attendre à mieux. L’écriture est un peu plus bancale, les personnages sont moins intéressants … Le casting est globalement réussi (même si j’aurais voulu voir ce que la série aurait donné avec Ryan Philippe en Danny Rand) mais ça n’arrive pas à remonter le niveau global. Il manque du développement pour des personnages, il manque d’une identité visuelle bien distincte des autres séries Netflix. Globalement, Marvel’s Iron Fist manque d’identité et nous fait clairement ressentir ce côté presque « commande obligatoire pré-Defenders » que je ne ressentais pas dans les autres séries. Plusieurs personnages ne sont pas bien exploités et la direction vers laquelle la fin de saison nous emmène ne m’intéresse pas énormément.

Malgré tout, je mentirais si je disais qu’Iron Fist m’a démotivé quant à la série The Defenders. J’attends toujours avec impatience cette série qui a un vrai potentiel pour envoyer du bois par petites cargaisons. Malgré tout, Danny Rand est le dernier Defenders qu’on nous présente, mais il est sans doute le moins intéressant de la bande. Le voir jouer dans le contexte des Defenders pourrait être intéressant, mais si jamais nous n’avons pas de deuxième saison annoncée pour Iron Fist, je ne serais pas dégoûté de la nouvelle.

Je ne vais pas mentir : je suis impatient de voir ça.

 


Et vous ? Qu’avez-vous pensé de cette première saison de Marvel’s Iron Fist ? Est-ce que vous avez au moins envie de voir cette série ? N’hésitez pas à partager tout ça dans les commentaires. Et n’hésitez pas non plus à venir en parler sur la page Facebook du site. Parfait endroit pour vous tenir au courant des prochains articles. Sur ce, je vous dis à la prochaine !