Avec Baby Driver, le dernier opus de la trilogie reboot de La Planète des Singes par Matt Reeves était LE film que j’attendais le plus cet été. J’ai adoré le précédent opus et beaucoup aimé le premier. Alors forcément, j’avais pas mal d’attentes sur cet ultime épisode, intitulé Suprématie par chez nous.

Du coup, sommes nous devant une belle fin de trilogie ou est-ce que le virus Spider-Man 3 a déteint par on ne sait quel miracle sur cette saga qui nous offre une fin en queue de poisson ?

Il est temps de répondre avec la critique de La Planète des Singes : Suprématie !

 

 

La Planète des Singes : Suprématie est un film américain réalisé par Matt Reeves sorti aux États-Unis le 14 juillet 2017 et le 2 août en France. Il s’agit du troisième opus de la saga reboot, entamée par La Planète des Singes : Les Origines suivi par La Planète des Singes : L’Affrontement. Le film raconte l’histoire de César, maintenant chef de l’armée des singes qui fait face aux humains qui se sont réunis pour former une ultime alliance dont le but est de débarrasser la planète de tous les singes pour sauver l’humanité qui continue de souffrir du virus qui décime les humains.

Autant vous prévenir tout de suite : si vous n’avez pas aimé la direction prise par le précédent film, vous ne risquez pas d’être réconcilié avec la saga dans ce troisième opus. Nous sommes vraiment dans la continuité du deuxième film sur beaucoup de points, ce qui est selon moi une excellente chose.

Vu le titre du film, on pouvait avoir la crainte de voir un gros film d’action mettant en scène des singes. Mais il n’en est rien. Même si nous avons effectivement des scènes de bataille et que la guerre contre les humains est la toile de fond du film, Suprématie est extrêmement intimiste. Il n’y avait pas un besoin de forcément faire « plus gros, plus fort » et ce n’est pas la direction qui a été prise. Nous sommes toujours concentrés sur le personnage de César qui se retrouve à la tête de l’armée des singes mais qui continue d’espérer la paix avec les humains. Il est cependant devenu un personnage plus dur dans cet opus, n’hésitant plus à privilégier la vie d’un singe à la vie d’un humain. C’est d’ailleurs un sujet traité tout le long du film avec des questions qu’il se pose sur le fait que finalement il se rapproche de plus en plus de Koba (le singe qu’il avait affronté dans le dernier film pour ceux qui ne se souviennent plus). Il est d’ailleurs toujours aussi intéressant et toujours aussi charismatique. Je suis de ceux qui pensent qu’Andy Serkis devrait être bien plus considéré en tant qu’acteur pour réussir à donner vie à des personnages en images de synthèse comme seul lui en a le secret.

 

BADASS

 

Plus j’y pense et plus je me dis que voir un film comme celui-ci est quand même assez dingue. Non pas d’un point de vue technologique même si il est vrai que les singes sont vraiment incroyables à voir sur grand écran. Je ne me dis jamais que je suis face à des effets spéciaux. Le réalisme est là, les émotions sont là … Vraiment je n’ai rien à dire de ce côté. Non ce qui est fou avec cette saga est ce qu’il est quand on le regarde en détail. Nous sommes sur un film qui coûte plusieurs millions de dollars et qui pourtant contient à 80% des dialogues en langage des signes. Le film est globalement très silencieux. Nous avons aussi les humains qui ont été mis au second plan au fur et à mesure de la saga. Il est loin le temps où James Franco était très présent dans La Planète des Singes : Les Origines. Ici ? Nous avons Nova qui est présente mais elle n’est en rien au premier plan. Et le seul autre humain avec un peu de temps d’écran est le méchant incarné par Woody Harrelson. Sinon, nous sommes entièrement concentrés sur les singes.

Et avoir un film de la 20th Century Fox avec un gros budget qui sort partout à travers le monde comme celui-ci est un vrai pari que je trouve des plus réussis. Je sais qu’aux États-Unis le box-office n’a pas été forcément brillant, mais je souhaite de tout coeur que le film cartonne au niveau mondial car nous avons besoin de plus de films comme ça dans nos salles.

 

Moi face au scores du box-office américain quand je regarde les films devant La Planète des Singes

 

La réalisation est impeccable, Matt Reeves continue de faire un très bon boulot. Cette trilogie est son bébé et il en prend bien soin, cela se ressent. Le fait de ne pas être tombé dans la facilité pour une fin de trilogie est aussi louable. Le film est calme et prend son temps à poser les choses, rendant les émotions plus vives chez le spectateur quand il se passe quelque chose d’important. Cela passe aussi par le personnage de Woody Harrelson qui passe pour une menace crédible dans ce film. Il n’y a pas de quoi se relever la nuit mais il fait clairement le café.

Néanmoins, malgré toutes les bonnes choses que je peux dire sur Suprématie, il n’est pas parfait. Il a des défauts qui sont trop présents tout au long du film pour que je puisse passer outre.

Le problème principal est malheureusement au niveau de l’écriture. Je ne parle pas des dialogues qui eux sont globalement très réussis. Mais je parle de l’écriture générale du film qui a quelques grosses facilités, parfois un peu grossières. On a ce sentiment « Ah bah évidemment, comme de par hasard ! » qui se manifeste ici et là dans le film quand on a des coïncidences un peu trop grosses pour être crédibles. Parfois je passais outre car c’était au profit d’une scène émotionnelle. Mais parfois ça laissait un goût d’amateurisme un peu trop prononcé qui tranchait radicalement avec le reste du film qui est globalement maîtrisé.

Les différents thèmes sous-jacents pourront peut-être en énerver certains. Il y a un message politique très clair dans le film. Pour ma part ça ne m’a pas dérangé et je trouve que ça s’inscrivait dans la logique de la saga et des autres thèmes abordés dans ce film (l’homme contre la nature par exemple). Néanmoins il est possible et je comprendrais si cela pouvait créer un léger blocage chez les spectateurs.

 

« Je voulais des singes mignons et tu mets de la politique dans mon film pour me faire réfléchir ? Honte à toi film »

Suprématie n’est pour moi pas meilleur que l’Affrontement de par ses quelques défauts ici et là. Néanmoins, il s’agit clairement de l’un des blockbusters les plus intéressants non seulement de cet été, mais de l’année toute entière. Le film n’a pas fait l’erreur de tomber dans la surenchère et de nous produire une fin de trilogie qui se tire une balle dans le pied. La saga a su rester fidèle à ses thèmes et à sa façon de faire et c’est pour ça qu’elle marche si bien selon moi. C’est une excellente trilogie et je suis ravi de vous conseiller son troisième et dernier opus. Merci pour tout César, tu auras été un personnage bien passionnant à suivre durant toutes ces années !

Si jamais un quatrième opus devait sortir un jour, je ne vois pas d’autres solutions qu’un nouveau remake du premier opus vu que cela correspond en terme de chronologie. Néanmoins, s’arrêter au sommet comme maintenant serait aussi une très bonne décision.

Maintenant qu’il en a fini, Matt Reeves s’attaque à une autre trilogie très attendue elle aussi. Il quitte la jungle et les singes pour se concentrer sur notre chauve-souris préférée. Courage à lui pour ce gros chantier qui se prépare, néanmoins j’ai confiance en ses qualités de réalisateur !

 

Merci monsieur Reeves, et bonne chance pour la suite.