Si il y a bien un marché qui intéresse désormais les producteurs de cinéma aujourd’hui, c’est le marché chinois ! Culturellement, nous remarquons que les chinois vont de plus en plus au cinéma. Alors forcément, quand on a un pays aussi porteur qui se met à aller au cinéma pour voir toute sortes de films et pas uniquement des films provenant de leur pays … L’ambition au niveau du box-office n’atteint plus quelques millions mais frôle le milliard de dollars.

Cependant aujourd’hui, j’aimerais vous parler de la situation inverse. Parce que le film concerné aujourd’hui est un film chinois pour le marché international. Il y a cette ouverture entre le cinéma chinois et le cinéma mondial qui commence à se créer et qui est très intéressant à observer. Ce n’est pas la première fois bien entendu qu’un film chinois atteint les cinémas à travers le monde. Ça peut se compter sur les doigts de quelques mains. Je n’ai pas le nombre précis, mais si vous êtes un serial-killer (un quoi ?) qui a comme signature de conserver les mains de vos victimes, vous auriez sans doutes assez de doigts à votre disposition pour compter. Pas besoin d’une énorme collection non plus, mais il vous faudrait quelques victimes au compteur quand même. Mais un film dont l’ambition est clairement d’atteindre le marché international ? Ça, c’est encore plus rare.

Avec le réalisateur Zhang Yimou derrière la caméra qui nous a déjà offert des films comme Hero, Le Secret des Poignards Volants ou La Cité Interdite et ce bon vieux Matt Damon en guise de tête d’affiche pour être sûr de rameuter du monde, La Grande Muraille est définitivement un projet qui m’intéressait. Et après l’avoir vu, il est temps de faire un petit bilan ! C’est parti pour la critique de La Grande Muraille.

PS : Mon analogie avec les doigts sur des mains de victimes d’un serial-killer était un peu étrange non ? Bizarre qu’elle me soit venue aussi vite …

La Grande Muraille est donc un film réalisé par Zhang Yimou sorti le 11 janvier 2017 dans nos salles, le 16 décembre 2016 en Chine et qui sortira aux États-Unis le 17 février 2017. Il raconte l’histoire de William et Tovar, deux mercenaires européens à la recherche d’une mystérieuse poudre noire qui aurait le potentiel d’être une arme d’une puissance jusqu’ici inégalée. Dans cette quête, ils vont vite arriver à la grande muraille de Chine. Mais ils vont se rendre compte que cette grande muraille existe pour une raison bien particulière : repoussée l’invasion des Tao Tei, des créatures qui n’ont que pour seul but de dévorer l’espèce humaine pour se multiplier et envahir le monde.

Vu le synopsis, il est évident que nous sommes dans un film fantastique. L’invasion mongole n’existe pas ici, nous sommes dans une légende. Et aux vues des quelques bandes-annonces et extraits que nous avons eu au niveau du marketing, il est aussi évident que nous sommes dans un film qui se veut surtout intéressant pour son côté visuel épique.

Du coup je vais tout de suite commencer par les points faibles du film. La Grande Muraille est très beau, mais pas profond pour un sou. Si vous y allez en espérant un film avec des personnages qui ont une personnalité, ne rêvez pas. Matt Damon est là pour être le héros qui est trop fort et qui aide l’armée parce qu’il est trop fort. Pedro Pascal (Oberyn dans Game of Thrones) est là pour être le sidekick qui fait des traits d’humour. Jing Tian est là pour être la belle guerrière qui fait battre le coeur de notre beau Matt Damon. Les personnages sont ici réduits à leur fonction et n’ont aucune personnalité.

Le tout est également très codifié. Dès qu’on voit quels personnages jouent quels rôles, nous voyons très rapidement où cela mène. Nous avons du sacrifice héroïque, du passage de flambeau … Bref, le cahier des charges pour un film de ce genre était présent et toutes les conditions ont été remplies sans exceptions. Ne vous attendez donc pas à de l’originalité sur la structure ou l’histoire du film.

Plus sympathique que de se retrouver dans un combat contre la Montagne non ?
– Et plus sympa que de se retrouver face à Vincent Cassel avec une caméra qui souffre de Parkinson non ?
– … Tu marques un point pour cette fois.

 

Les retours critiques sont globalement très moyens pour être francs. Malgré ça, je ne peux pas dire que je ne suis pas ressorti de la salle satisfait du film que je venais de voir. Car visuellement, ce film claque ! Les armures, les scènes d’action, l’effet de surnombre de l’armée des créatures (qui ont un design que j’ai trouvé intéressant au passage) … On ressent clairement le côté épique voulue par le réalisateur pour son projet. Et cela donne lieu à des scènes d’action réellement bien foutues. Quelques effets de style ici et là au niveau de la réalisation et l’ingéniosité générale des situations font qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde devant La Grande Muraille. Vu que le film se concentre surtout au niveau de la muraille, on pouvait s’attendre à une redondance en terme de lieu.

Mais je vous rassure, ce n’est pas le cas ! Nous voyons des scènes d’action de jour, de nuit, dans la brume … Nous voyons les différents corps de l’armée et leurs fonctions au sein de cette guerre contre les créatures, les différentes armes qu’ils ont qui sont vraiment intéressantes et donnent lieu à des images fortes. Les scènes d’action ne se ressemblent pas et sont suffisamment bien pensées pour qu’on soit constamment accrochés à ce qu’il se passe à l’écran.

L’ancêtre du Black Friday

 

On ajoute à ça un petit message sur la cupidité et surtout un gros message de la part de la Chine pour montrer qu’il n’y a pas que les soldats américains qui sauvent le monde au cinéma, et on obtient La Grande Muraille. Globalement, La Grande Muraille est un menu de fast-food dont les sandwichs ressemblent à ceux sur les pubs. C’est visuellement intéressant, mais en terme de goût ça reste du fast-food. Néanmoins, de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Est-ce qu’il faut absolument aller le voir au cinéma ? Je ne pense pas que ça soit vraiment nécessaire. Mais si vous voulez vraiment savourer toute l’ampleur du film en terme d’action, je vous dirais qu’une petite séance au cinéma ne serait pas une mauvaise idée !

A la personne devant moi durant la séance qui passait son temps à regarder son portable et à trainer sur Snapshat : tu es le cancer de cette société et je te hais.

Le nouveau film Power Rangers m’inspire moyennement confiance quand même …

 


J’espère que cet article vous aura plu ! Lundi sort une nouvelle critique de jeu vidéo, concocté par le petit nouveau du site. Quant à moi je reviendrais bientôt avec une critique en avant-première de La La Land, puisque je vais à une projection en avant-première pour le voir. Première fois que je suis invité pour ce genre d’événements, ça fait super plaisir à mon petit coeur !

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