[Critique] Ça

Avec Ça, on entre clairement dans le domaine du culte. Il s’agit sans hésitation du roman le plus connu de Stephen King et l’adaptation télévisuelle de 1990 a traumatisé une génération. Cette adaptation est encore dans l’esprit de beaucoup de personnes pour une raison qui m’échappe pour être franc avec vous. Je l’ai revu il y a quelques semaines pour me remettre dans l’ambiance en attendant la sortie du film et … c’est ringard.

La partie centrée sur l’enfance des héros passe encore à peu près mais la partie adulte est mauvaise. Les dialogues sont mauvais, le jeu d’acteur est mauvais et les effets sont cheap. Bref, Tim Curry joue bien le rôle du clown Pennywise mais ce téléfilm est très surestimé selon moi. Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est encore efficace aujourd’hui, car ça serait juste de l’aveuglement causée par la nostalgie. Je ne vous conseille même pas de le revoir pour essayer de me contredire d’ailleurs car vous perdriez 3 heures devant peut-être 25 minutes correctes. Un poil trop cher payé à mon goût.

Comme la créature du roman, une nouvelle adaptation apparait, cette fois-ci au cinéma, 27 ans après sa dernière apparition. Si ce n’est pas de la poésie, je ne sais pas ce que c’est. Mais cette fois-ci, les moyens sont alignés et il y a une vraie volonté d’en faire un film d’horreur marquant pour une nouvelle génération. Et son score au box-office américain semble partir dans cette direction avec plusieurs records battus en quelques jours.

Du coup, la question qu’on peut se poser maintenant … Est-ce qu’au moins, Ça en vaut la peine ?

 

 

Comme à mon habitude, je ne parlerais que du film en lui-même dans cette critique. Pas du respect de l’oeuvre (ou de l’absence de respect). Donc le film pourrait être un énorme doigt d’honneur au roman, si il est bon, je n’en dirais que de bonnes choses. C’est pareil dans l’autre sens d’ailleurs.

Mais je voudrais quand même donner mon avis à deux centimes sur le roman car pour une fois je l’ai lu le bougre. Cet énorme pavé de décadence. Je dis décadence car Ça est tout ce qui fait la force de Stephen King et tout ce que je déteste chez Stephen King en même temps. Ce sont d’excellentes idées mélangées avec de la stupidité consternante me faisant me demander si Stephen King ne serait pas en taule pour un crime pervers si il n’était jamais devenu auteur de roman. On peut avoir une excellente séquence, mais on a aussi une orgie entre les gosses qui dure beaucoup trop longtemps. Non Stephen, je n’avais pas besoin d’avoir la description du pénis des héros par Beverly … Put*** qui voudrait avoir cette séquence ?! Bordel Stephen pourquoi inclure ça ?!

Bref, je n’ai pas de place spéciale dans mon coeur pour le roman. Ce qui confirme encore plus le fait que je me fiche du respect du livre dans le cas présent. La seule chose qui compte est de savoir si j’ai passé du bon temps devant le film.

 

Stephen King et les co-auteurs de Ça : un rail de cocaïne dans la narine gauche
et un zeste de folie criminelle dans le crâne.

 

Et les scénaristes ont réussi un pari qui était risqué : passer des années 50 aux années 80. Le film se passe en effet en 1988. Les brutes ne sont donc plus des sosies de John Travolta dans Grease mais des jeunes avec une coupe mulet à faire émoustiller de jalousie n’importe quel fan de tuning qui se respecte et des t-shirts de métal associés à des vestes en jean. Bref, nous sommes dans les années 80 ici et cela se voit avec un travail sur l’ambiance d’époque qui fait plaisir ! On ajoute à ça la présence du jeune Finn Wolfhard (extrêmement drôle dans son rôle au passage) et nous sommes presque dans un nouvel épisode de la série Stranger Things. Les eighties ont la cote à Hollywood alors ce changement fait sens.

Ça a beau être considéré comme un film d’horreur, le thème central reste très clairement l’amitié. Et c’est une réussite totale sur ce point avec un casting tout simplement parfait. Les enfants sont tous très bons dans leur rôle. C’est simple : nous croyons en l’existence de ces personnages, et surtout nous croyons en leur amitié. Les voir se réunir face à cet ennemi commun est passionnant avec plusieurs moments qui font chaud au coeur. Nous sommes investis émotionnellement mes amis lecteurs, pendant le film nous aussi nous faisons partie du groupe des losers.

 

Il va nous falloir un excellent casting pour incarner la version adulte du groupe, parce qu’il y a du lourd !
Ah et je le lance maintenant mais je veux absolument que ça arrive : #AmyAdamsForBeverly

 

Pour couronner le tout, cette nouvelle version de Pennywise est malsaine à souhait. Une bonne interprétation, un bon maquillage et surtout une gestuelle très « prédateur » rendent l’adversaire du Losers Club particulièrement bon. J’aurais peut-être aimé qu’on joue un peu plus avec son image de clown en lui donnant un humour noir plus présent. Mais ça reste du chipotage de ma part, globalement le casting est vraiment aux petits oignons. Bref, Bill Skarsgård fait le café en clown démoniaque !

 

 

J’ai vraiment passé un très bon moment devant Ça. Et je ne peux que vous le recommander. Malheureusement, il a un défaut que je ne peux laisser de côté même si j’en ai envie. Le film est excellent, mais malheureusement il l’est quand il ne tente pas de nous faire peur. Ça n’est presque pas un film qui veut nous faire peur. Il est plus malsain que vraiment terrifiant pour tout vous dire. Le côté malsain est extrêmement réussi, tant j’avais du mal à rester impassible dans mon siège devant certaines séquences. Mais pour nous faire peur, il se contente de nous gueuler dessus avec du jumpscare de seconde zone.

Et pour moi ça le fait descendre de rang de film qui avait le potentiel de devenir culte à juste bon film. Attention, ça reste un excellent moment à regarder. Je pense que je le reverrais plusieurs fois sans hésiter. Mais pour un film d’horreur venant de grosses boîtes de production, malheureusement il ne réussit pas à en éviter les clichés.

Me gueuler dessus avec un son très fort et des images qui bougent vite vont me faire sursauter, mais ça n’est qu’un réflexe face à une agression sonore. En aucun cas ça n’est de la peur. Ce qui est dommage car il y a plusieurs séquences qui construisent très bien la tension, pour finir en eau de boudin avec un jumpscare à la con. Quel dommage franchement ! Pour tout vous dire, une des séquences qui m’a le plus fait peur est une des séquences les plus discrètes du film : la scène de la librairie. Je vous conseille simplement de regarder ce qu’il se passe au second plan quand nous avons un des gamins lire l’histoire de la ville. Vous verrez, ça vous travaillera plus l’esprit que n’importe quel hurlement ou explosion sonore que le film vous balance au visage.

J’aurais souhaité plus de finesse dans le travail de l’horreur. Qu’on ait de la peur qui soit à la hauteur du reste du film. Le côté malsain est une réussite totale, le côté terreur ? La copie est à revoir.

Malgré tout : allez voir Ça. C’est un vrai bon film et un excellent premier chapitre. Le second film aura fort à faire pour être au moins à la hauteur du premier. Surtout que personnellement la partie adulte était toujours bien inférieure selon moi. Et en attendant 2019 pour la suite, je flotterais dans l’impatience. J’espère que lorsque vous sortirez de la salle, vous flotterez tous.

Tiens, dehors il flotte pas mal.

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